Irak : Obama, une avancée... à reculons, selon la presse

Le président américain Barack Obama quitte la conférence de presse à la Maison Blanche le 7 août après s'être exprimé sur l'Irak [Saul Loeb / AFP] Le président américain Barack Obama quitte la conférence de presse à la Maison Blanche le 7 août après s'être exprimé sur l'Irak [Saul Loeb / AFP]

Alors que Barack Obama a autorisé des frappes aériennes jeudi soir pour éviter un "génocide" et freiner l'avancée des extrémistes sunnites menaçant les minorités et le Kurdistan irakien, la presse voit "une avancée...à reculons".

Pour Jean-Michel Helvig (La République des Pyrénées), "les États-Unis" sont "le bras armé de ce réveil d'une communauté internationale qui n'avait pas bronché ou si peu quand les +djihadistes+" de +l'État islamique+ - se sont emparés de Mossoul, puis de Qaraqosh+" provoquant la fuite des chrétiens persécutés. "Un bras armé que l'on ne sent pourtant un peu flageolant" selon l'éditorialiste. Rappelant qu'Obama "avait fait du désengagement militaire américain sa ligne de conduite" il estime qu'on retire "l'impression d'une avancée un peu… à reculons".

Philippe Gelie du Figaro pense également que "sa décision d’ordonner des frappes aériennes ciblées au nord de l’Irak, assorties de parachutages humanitaires, ne suffit pas à démontrer que sa position doctrinaire ait changé."

Dans Le Républicain Lorrain, Pierre Frehel revient sur la responsabilité des USA: "George W. Bush avait envahi ce pays pacifié pour déboulonner le dictateur Saddam Hussein et pourchasser les fantômes d'Al-Qaïda. La Maison-Blanche, guidée par d'autres intérêts, s'était seulement trompée d'adversaire et de terrain de jeu", souligne-t-il en décrivant Obama en "champion du désengagement militaire".

Dans La Charente Libre, Jean-Louis Hervois fait chorus "le président américain envoie ses F16 tenter de préserver ce que les F16 de Bush ont fini par détruire: un Irak multiconfessionnel."

Dominique Jung (Les Dernières Nouvelles d'Alsace) croit également que "George W. Bush (...) sous couvert de lutter contre le terrorisme, a introduit le djihad dans un Irak qui connaissait bien des plaies, mais pas celle-là." ""Aujourd’hui, Obama n’est même plus en situation d’assurer le service après-vente : il en est réduit à passer la serpillière face à une inondation", déplore-t-il.

"L’Amérique rempile et se réengage, à son corps défendant, dans un conflit qu’elle aurait aimé oublier", analyse Denis Daumin de La Nouvelle République.

De son côté, Raymond Couraud de L’Alsace pense que "Barack Obama, obnubilé par l’océan Pacifique, cafouille dans le reste du monde, ce qui n’a rien de rassurant pour les alliés traditionnels de l’Amérique."

Enfin, pour François Sergent de Libération "l’islamisme des fous de dieu de l’Etat islamique répond aussi au sectarisme du Premier ministre chiite autocrate et corrompu, Nouri al-Maliki, longtemps soutenu par Washington. C’est aux Irakiens qu’il reviendra in fine de sauver l’Irak."

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