Libye: un général dissident revendique les raids aériens près de Tripoli

Affrontements armés entre milices rivales le 17 août 2014 autour de l'aéroport international de Tripoli [Mahmud Turkia / AFP] Affrontements armés entre milices rivales le 17 août 2014 autour de l'aéroport international de Tripoli [Mahmud Turkia / AFP]

Deux avions non identifiés ont bombardé lundi près de la capitale libyenne des positions de miliciens rivaux s'affrontant à l'arme lourde, a annoncé le gouvernement, une attaque revendiquée par un général dissident.

Dans un communiqué, le gouvernement provisoire sans réelle autorité sur le pays, a indiqué "tout ignorer pour le moment de l'identité des deux avions" qui ont bombardé, selon lui, avant l'aube des positions de miliciens en conflit dans la banlieue de Tripoli.

Mais le général Saqr Jarouchi, un proche du général dissident Khalifa Haftar hostile aux islamistes, a assuré à l'AFP que ce sont les avions de ce dernier qui avaient lancé les raids.

"Ce sont nos avions qui ont lancé les raids", a-t-il affirmé, ajoutant que des "miliciens de Misrata ont été pris pour cible".

Les miliciens islamistes de Misrata (est) affrontent à l'arme lourde des miliciens de la région de Zenten (ouest), des nationalistes qui auraient les faveurs du général Haftar, pour le contrôle d'un pont, un verrou de l'aéroport, situé dans le sud de Tripoli et aux mains des milices de Zenten.

- L'armée met en doute les revendications -

Toutefois, la revendication de l'attaque par les forces du général Haftar a été mise en doute par la branche de l'armée de l'air libyenne qui ne s'est pas ralliée à lui à Benghazi (est) et qui reste toujours basée à Tripoli.

"C'est un raid mené par des avions étrangers et non libyens", a affirmé cette force dans un communiqué.

Une Libyenne brandit un portrait du général  Khalifa Haftar lors d'un rassemblement de soutien à Bengazi, le 23 mai 2014 [ / AFP/Archives]
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Une Libyenne brandit un portrait du général Khalifa Haftar lors d'un rassemblement de soutien à Bengazi, le 23 mai 2014

Pour soutenir sa thèse, elle a expliqué que les avions libyens ne pouvaient pas mener des raids nocturnes et n'avaient pas les moyens d'être ravitaillés en vol s'ils viennent de bases aussi lointaines que celles contrôlées par le général Haftar.

Quant au gouvernement provisoire, il a indiqué dans son communiqué avoir chargé l'état-major et les renseignements militaires d'enquêter sur cette attaque.

"Les parties doivent cesser de se battre, accepter le dialogue et se retirer de Tripoli et des autres villes libyennes", a dit le gouvernement qui affirme être entré en contact avec des pays "amis" pour tenter d'identifier les deux avions.

La France a démenti toute implication. "Les rumeurs faisant état de frappes aériennes en Libye auxquelles la France aurait participé sont infondées. La priorité de la France est d’obtenir un accord politique afin que les combats cessent à Tripoli, à Benghazi et partout en Libye".

Les premiers survols ont eu lieu lundi vers 02H00 locales, et, selon un habitant, une forte explosion a été entendue, suivie par d'autres.

"Les explosions ont été clairement entendues dans les quartiers de l'est de Tripoli", à quelque 15 km du centre de la ville, a indiqué cet habitant à l'AFP.

La chaîne de télévision locale "Libya awalan" (La Libye d'abord), proche du général Haftar, a indiqué que "l'aviation militaire a bombardé différentes positions" près de Tripoli, sans plus de précisions.

La Libye est en proie à des combats meurtriers entre milices rivales depuis la mi-juillet, poussant le Parlement élu le 25 juin à demander la semaine dernière une intervention étrangère pour protéger les civils.

Depuis la chute du régime Kadhafi après huit mois de révolte, les autorités transitoires ne sont pas parvenues à rétablir l'ordre et la sécurité en Libye, et les milices formés d'anciens rebelles y font la loi.

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