Coulées de boue au Japon: le bilan pourrait s'aggraver, des milliers d'évacuations

Des habitants d'Hiroshima réfugiés le 21 août 2014, après des coulées de boue la veille [ / Jiji Press/AFP] Des habitants d'Hiroshima réfugiés le 21 août 2014, après des coulées de boue la veille [ / Jiji Press/AFP]

Plus de 4.400 habitants de la municipalité de Hiroshima ont reçu l'ordre de quitter leur maison vendredi en raison de nouveaux risques de glissements de terrain dans cette agglomération du sud-ouest du Japon, où le bilan s'est encore aggravé avec 39 morts et 52 disparus.

Quelque 67 personnes ont aussi été blessées, dont quatre grièvement, selon l'Agence des désastres.

De plus, environ 164.000 résidents sont visés par des recommandations (non contraignantes) de quitter temporairement leur logement et 30.000 pourraient éventuellement recevoir des instructions similaires, selon les autorités locales. Des centaines de foyers sont de surcroît privés d'électricité et/ou d'eau courante.

Une cellule de crise spéciale a été ouverte par le ministre chargé des Désastres, Keiji Furuya, et la chaîne publique NHK, qui a une mission d'intérêt général, consacrait encore l'essentiel de son antenne vendredi matin à ce sinistre.

Depuis la survenue des premiers éboulements dans la nuit de mardi à mercredi, le décompte des victimes ne cesse de s'amplifier.

Une voiture emportée par un glissement de terrain le 21 août 2014 à Hiroshima [ / Jiji Press/AFP]
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Une voiture emportée par un glissement de terrain le 21 août 2014 à Hiroshima

"Nous dénombrons d'abord les personnes dont nous sommes certains qu'elles ont disparu, par exemple sur la foi de témoins les ayant vues être emportées par la boue, mais le total augmente à mesure que nous évaluons la situation", a expliqué à l'AFP un responsable de la police municipale de Hiroshima.

Près de 200 maisons ont été détruites ou inondées par les coulées de boue, particulièrement dans les arrondissements d'Asaminami et Asakita, au pied d'une montagne couverte d'arbres. Environ 30 glissements se sont produits à peu près simultanément, selon un rapport du ministère de l'Aménagement du territoire.

- Nouvelles pluies et risques étendus -

Depuis jeudi soir, il a recommencé à pleuvoir parfois fortement, et d'importantes précipitations et violents orages sont attendus dans la journée, faisant redouter de nouveaux effondrements.

Les recherches, qui avaient été interrompues jeudi soir à cause des mauvaises conditions météo, ont repris dans la matinée vendredi.

Plus de 2.800 pompiers, policiers et soldats des forces d'autodéfense sont mobilisés pour continuer de dégager très prudemment la terre des maisons et déblayer les décombres. Ces tâches sont rendues d'autant plus pénibles qu'il fait chaud et qu'il pleut.

Le ministre japonais chargé des Désastres, Keiji Furuya, visite Hiroshima après des glissements de terrain, le 21 août 2014 [ / Jiji Press/AFP]
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Le ministre japonais chargé des Désastres, Keiji Furuya, visite Hiroshima après des glissements de terrain, le 21 août 2014

Plus meurtriers que beaucoup de séismes au Japon (où les constructions parasismiques sont efficaces), ces terribles éboulements de terre en partie liquéfiée et de blocs de pierre mêlés résultent de pluies diluviennes: il est tombé en trois heures sur les zones touchées plus d'eau qu'en un mois habituellement, selon les météorologues.

Les autorités redoutent désormais un désastre en chaîne: vu l'état actuel des sols, il suffit en théorie de peu de pluie pour que se produisent de nouvelles coulées de boue, préviennent les experts.

Un précédent sinistre en 1999, également à Hiroshima, avait tué 30 personnes et conduit les autorités nationales à mieux répertorier les zones potentiellement dangereuses: il en existe 32.000 dans la province de Hiroshima, sur 525.000 dans l'ensemble du pays qui compte 47 préfectures.

Des équipements spéciaux ont parfois été installés pour limiter le risque, des sondages sonores des sols sont réalisés de temps en temps et la construction d'habitations a même été interdite par endroits. Toutefois, ces dispositions restent insuffisantes.

En outre, lorsque sont émises des recommandations (et non des ordres) d'évacuation, la plupart des habitants restent chez eux, surtout lorsque ces avis sont donnés en pleine nuit.

Récemment, lors du passage d'un typhon, le ministre chargé des désastres avait demandé aux autorités locales de ne pas avoir peur de pécher par excès de prudence et de ne pas hésiter à évacuer au moindre danger avéré.

Par ailleurs, outre Hiroshima, les régions de Nagasaki et Fukuoka, également dans le sud-ouest, et d'autres agglomérations de Hokkaido (nord) sont aussi sous alerte, victimes de pluies torrentielles. On y craint aussi des glissements de terrain et des recommandations d'évacuation de plusieurs quartiers y ont été émises.

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