Moscovici commissaire aux Affaires économiques

[FRANCOIS GUILLOT / AFP]

Jean-Claude Juncker a dévoilé mercredi la composition de son équipe pour relancer la croissance et lutter contre le chômage, avec plusieurs postes importants dédiés à cette mission, dont le portefeuille-clé des Affaires économiques attribué au Français Pierre Moscovici.

 

Les grandes capitales -- Paris, Londres et Berlin -- ont obtenu les grands postes économiques: le Français Pierre Moscovici les Affaires économiques, le Britannique Jonathan Hill les Services financiers et l'Allemand Gunther Oettinger l'Economie numérique.

"La Commission européenne que je vous présente aujourd'hui est une Commission politique, dynamique et efficace, prête à donner un nouvel élan à l'Europe. J'ai attribué des portefeuilles à des personnes, pas à des pays. Je place 27 joueurs sur le terrain. Chacun d'eux a un rôle spécifique à jouer. C'est mon équipe gagnante!", a déclaré M. Juncker lors d'une conférence de presse.

 

La France a dû batailler ferme

La France a dû batailler ferme pour que son ancien ministre des Finances obtienne ce poste sensible. Sa nomination a longtemps buté sur les réticences de l'Allemagne qui voyait d'un mauvais oeil l'idée de confier la surveillance budgétaire au représentant d'un pays coupable de multiples dérapages budgétaires.

Le poste était jusqu'ici occupé par le Finlandais Olli Rehn, garant de l'orthodoxie budgétaire puis, depuis quelques mois, par son compatriote Jyrki Katainen.

L'exercice risque d'être dans tous les cas compliqué pour le socialiste Pierre Moscovici, qui va devoir évaluer la situation économique de la France qui vient de repousser sa promesse de retour du déficit à 3%.

La nomination d'un Britannique aux Services financiers a plus surpris et apparaît comme une concession importante faite à la Grande-Bretagne, pour qui le secteur financier est capital avec la présence de la City à Londres. Londres entretient des relations orageuses avec l'Europe, avec un référendum prévu d'ici 2017 sur son maintien ou non au sein de l'UE.

Parmi les autres portefeuilles-clés, la Suédoise Cecilia Malmström décroche le Commerce, la Danoise Margrethe Vestager la Concurrence et l'Espagnol Miguel Arias Canete le Climat et l'Energie.

 

Innovation

Tout en rendant hommage à son prédécesseur José Manuel Barroso, qui a dû intégrer 13 Etats membres et gérer la crise de la dette, M. Juncker a voulu se démarquer en reformatant l'exécutif européen.

Il a ainsi innové en créant sept postes de vice-présidents chargés de piloter les priorités de l'Union européenne, dont un premier vice-président, "bras droit" et "adjoint", en la personne du Néerlandais Frans Timmermans, chargé notamment de "l'amélioration de la réglementation", un autre geste à destination de Londres.

Quatre vice-présidences sont confiées à d'anciens chefs de gouvernement: l'Estonien Andrus Ansip (Marché unique numérique), le Letton Valdis Dombrovskis (Euro et dialogue social), le Finlandais Jyrki Katainen (Emploi, croissance, investissement) et la Slovène Alenka Bratusek (Union de l'énergie).

Les autres sont pour la commissaire sortante bulgare Kristalina Georgieva (Budget et ressources humaines), et l'Italienne Federica Mogherini, désignée fin août nouvelle chef de la diplomatie européenne.

La Commission comptera neuf femmes sur 28 membres, soit autant que la précédente. "Ce n'est pas vraiment une avance, mais il n'y a pas de recul", a commenté M. Juncker.

 

Encore des auditions au Parlement

Son équipe doit désormais obtenir le feu vert du Parlement, qui auditionnera un par un chaque commissaire désigné avant de se prononcer sur l'ensemble du collège. La nouvelle Commission doit entamer son mandat le 1er novembre.

Reflet de la situation politique dans les 28 Etats membres, elle compter 15 personnalités de droite et de centre droit, huit socialistes et cinq libéraux.

 

 

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