En guerre contre Daesh

Rafale en opération en Irak. Les Rafale en opération en Irak. [JEAN-LUC BRUNET / ECPAD / AFP]

Après l’exécution d’Hervé Gourdel, l’Etat reste ferme. Les frappes contre Daesh continuent, alors que la menace terroriste plane sur l’Hexagone.

 

Après le choc et la colère, la riposte. Alors que la douleur provoquée par l’assassinat d’Hervé Gourdel affectait hier toute la France, le gouvernement n’a pas hésité un seul instant sur la marche à suivre.

Sa "détermination" à combattre Daesh, martelée depuis la mort de l’otage, est totale. Pour preuve, la décision prise hier de poursuivre le combat mené contre l’organisation islamiste. La guerre est plus que jamais déclarée, et avec elle les menaces qui planent aujourd’hui sur le sol français. 

 

Les Rafale frappent à nouveau

Rentré dans la nuit des Etats-Unis, Français Hollande a rassemblé hier matin un Conseil de défense, preuve de la gravité de la situation. De concert avec ses ministres, il a réaffirmé sa volonté de mettre à terre l’Etat islamique.

Et ce, en augmentant la portée de l’intervention de l’armée au Moyen-Orient. Paris souhaite intensifier son soutien aux forces de l’opposition syrienne face aux jihadistes, sans qu’une intervention directe soit décidée. Plus généralement, tous les Etats confrontés aux islamistes, "qui en feraient la demande", seront épaulés.

Ferme dans ses paroles, l’Etat l’est aussi dans ses actes, puisque les avions de combat français ont mené hier des raids contre des positions de Daesh en Irak.

Il s’agissait de la deuxième attaque des Rafale depuis l’entrée de la France dans la coalition internationale, le 19 septembre. Mais cette pression accentuée a son revers : celui de renforcer la crainte d’attaques dans le pays.

 

Un risque d’attentat plus "étalé"

La peur de représailles envers la France était présente depuis la mise en place de la coalition, mais l’assassinat d’Hervé Gourdel les a rendues tragiquement réelles.

Ce crime a démontré, s’il en était besoin, la difficulté de protéger les Français présents dans les zones à risques, en Afrique et au Moyen-Orient. L’Etat islamique a appelé à tuer ceux qu’il appelle les "méchants et sales Français", qui sont, hors de nos frontières, des ­cibles facilement repérables malgré les mises en garde du Quai d’Orsay.

Le danger est donc présent à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur. Si "le risque d’attentat en France n’est aujourd’hui pas particulièrement élevé au regard des trente dernières années, il est plus étalé qu’auparavant", estime Alain Bauer, professeur de criminologie au Conservatoire national des arts et métiers.

Les attaques structurées et menées par des hommes entraînés peuvent désormais avoir un visage plus "artisanal", juge l’expert, avec un individu isolé muni d’un simple couteau, comme ce fut le cas en mai 2013 lors de l’agression d’un militaire à la Défense.

Face à la menace, le plan Vigipirate est au niveau "vigilance". La surveillance des lieux publics et des transports, qui en fait déjà partie, va être renforcée. Mais le niveau d‘"alerte attentat", avec les mesures qu’il entraîne (renforcement des contrôles d’identité, interdiction de stationner près d’une école…), n’était pas d’actualité.

Reste que Vigipirate est avant tout un outil chargé de rassurer la population, explique Alain Bauer, alors que le renseignement est, lui, le nerf de la guerre. 

 

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