Ottawa : le tireur présumé identifié

Un soldat montant la garde à l'extérieur devant un monument aux morts a été sérieusement blessé par balles. [MICHEL COMTE / AFP / Archives]

Selon plusieurs médias canadiens, le tireur qui a a tué mercredi 22 octobre un soldat et semé la panique dans le Parlement d'Ottawa avant d'être abattu par la police aurait été identifié. Il s'agirait d'un Canadien de 32 ans connu des services de renseignement et qui s'était récemment fait retirer son passeport par les autorités canadiennes.

 

Identifié comme Michael Zehaf-Bibeau, ce Canadien de 32 ans a déclenché un vent de panique dans la capitale fédérale, la police craignant pendant quelques heures qu'il y ait d'autres tireurs dans le bâtiment.

Considéré comme un "voyageur à haut risque" par les services de renseignement, il s'était fait récemment confisquer son passeport, ont expliqué des responsables canadiens au quotidien Globe and Mail.

Tout comme l'homme qui a volontairement tué lundi avec sa voiture un militaire dans la banlieue de Montréal. Martin Rouleau-Couture, un jeune homme converti à l'islam et proche des thèses du jihad, faisait partie des 90 Canadiens soupçonnés de vouloir fomenter des attentats dans le pays.

 

Alerte terroriste

Qualifiée d'acte terroriste par le gouvernement canadien, cette agression a constitué le premier attentat lié à l'extrémisme islamiste de l'histoire du Canada.

Ottawa avait récemment appelé à la plus grande vigilance face à de possibles actes radicaux sur son sol après son ralliement à la coalition emmenée par les Etats-Unis pour combattre le groupe Etat islamique en Irak.

Les autorités canadiennes avaient relevé mardi le niveau d'alerte terroriste à "moyen".

 

Un soldat tué

Mercredi, c'est un peu avant 10H00 (14H00 GMT) que Michael Zehaf-Bibeau a tiré sur l'un des deux militaires postés devant le monument aux morts et touché le caporal Nathan Cirillo, 24 ans. Le soldat a succombé à ses blessures peu après, malgré les massages cardiaques très vite administrés par les secours.

Au moins trois blessés ont été admis à l'Hôpital d'Ottawa entre 10H20 et 12H43, pour des blessures mineures, a indiqué l'établissement.

Très vite le centre d'Ottawa a été totalement bouclé et investi par des centaines de policiers et commandos lourdement armés, soutenus par des véhicules blindés légers. Les habitants d'Ottawa ont été sommés de s'éloigner des fenêtres et de rester cloîtrés.

Selon des médias locaux, les bases militaires du pays ont été fermées mercredi et les membres des forces armées ont reçu l'ordre de rester confinés, sans uniformes.

Face à cette attaque inédite dans l'histoire canadienne, la défense aérienne américano-canadienne (Norad) a été placée en état d'alerte pour "être à même de répondre rapidement" à tout incident aérien qui pourrait être lié.

La surveillance a été immédiatement accrue dans les bâtiments publics des grandes villes canadiennes, dont Montréal et Toronto, ainsi que dans les réseaux de métro de ces métropoles.

 

"Armé d'un fusil"

Après avoir tiré sur le soldat au monument aux morts, Michael Zehaf-Bibeau s'est emparé par la force d'une voiture officielle pour gagner plus rapidement l'entrée du Parlement. "Un homme avec les cheveux noirs assez longs, un foulard sur le bas du visage, était armé d'un fusil" en allant vers la porte principale du Parlement, a raconté un témoin.

Un peu après, une forte détonation a été entendue, suivie de tirs nourris des policiers, selon une vidéo d'un journaliste du Globe and Mail.

"Un homme est entré dans le Parlement en courant. Il était poursuivi par des policiers armés de fusils qui criaient à tout le monde de se mettre à couvert", a raconté à l'AFP Marc-André Viau, un cadre d'un parti politique. Les échanges de coups de feu ont duré "quelques minutes", a souligné le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu.

Le tireur a finalement été abattu par le chef de la sécurité du Parlement, le "sergent d'armes" Kevin Vickers, 58 ans, ancien officier de la Gendarmerie royale du Canada, que bon nombre d'élus et de responsables canadiens ont ensuite couvert d'éloges.

 

Une "attaque méprisable"

Au moment de l'attaque, le Premier ministre Stephen Harper était dans l'édifice, assistant à la réunion hebdomadaire des parlementaires du parti conservateur qu'il dirige. "Il a été mis rapidement en sécurité (...) malgré un court moment de panique", a raconté à la télévision le sénateur Boisvenu, témoin de la scène.

Une "attaque méprisable", telle que l'a qualifiée Stephen Harper qui devait s'adresser dans la soirée mercredi à la télévision. Le chef de gouvernement a annulé toutes ses obligations comme la remise prévue à Toronto de la citoyenneté d'honneur du Canada à Malala Yousafzai, toute nouvelle lauréate du prix Nobel de la paix.

Le président américain Barack Obama, après son entretien avec Stephen Harper, a condamné les "attaques scandaleuses" dont le Canada a été la cible. "Je suis consterné" par cette attaque, a écrit le Premier ministre britannique David Cameron sur Twitter, tandis que le président français François Hollande exprimait la "totale solidarité de la France" avec les Canadiens.

 

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