Réfugiés syriens : le Liban au bord de l'explosion

Dans un camp de réfugiés syriens à Tripoli, au nord du Liban, des enfants jouent au milieu d'immondices, le 26 mai 2014, le Liban étant le pays qui accueille le plus de réfugiés syriens. [Joseph Eid / AFP]

Depuis le début du conflit en 2011, le flot de réfugiés syriens ne se tarit pas. 2,9 millions de déplacés ont fui vers les pays voisins. Le Liban, qui en accueille plus d'un million, s'inquiète de son effet déstabilisateur sur le pays.

 

Selon les chiffres de l'agence des Nations Unis pour les réfugiés (UNHCR), plus de trois millions de réfugiés syriens, dont les trois quarts sont des femmes et des enfants, ont fuit leur pays.

Le Liban est le pays qui accueille le plus de réfugiés avec près d'1,1 million de Syriens. Un population considérable pour ce pays de 4 millions d'habitants.

 

Un afflux déstabilisateur

L'afflux de réfugiés syriens provoquerait des "violences" au Liban, serait "déstabilisateur" et ouvrirait un "terrain fertile pour l'extrémisme et la violence", a déclaré le Premier ministre libanais, Tammam Salam, lors d'une conférence internationale sur les réfugiés mardi à Berlin. Le Liban "était au-delà de ses capacités d'absorption [et] a urgemment besoin de partager ce fardeau" a t-il insisté.

Le ministre des Affaires Sociales Rachid Derbas avait déjà annoncé le 20 octobre, lors d'une réunion de crise ministérielle, que le pays "n'accueillera plus de réfugiés syriens en raison de son incapacité à supporter cet afflux".

Mais la mesure reste difficile à appliquer compte-tenu de la porosité de la frontière entre la Syrie et le Liban.

 

 

Un fardeau économique

D'après une étude publiée par la Banque mondiale, le conflit en Syrie aurait déjà coûté au Liban "plus de 7,5 milliards de dollars". Selon les estimations de l’organisation internationale, le PIB du pays aurait chuté de 2,9% par an entre 2012 et 2014.

Comme le pointe RFI, l'afflux de ces réfugiés nourrit un ressentiment anti-syrien. Les Libanais reprocheraient aux immigrés syriens de leur faire de la concurrence déloyale en acceptant des salaires plus bas que la moyenne nationale, ou encore de faire monter le prix des loyers.

 

Une crise humanitaire "dramatique"

La communauté internationale, constituée de plus de 40 représentants de pays et d'organisations internationales, s'est engagée mardi à apporter un soutien financier durable aux pays voisins de la Syrie.

Le Haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, a déclaré : "Les pays qui accueillent (des réfugiés syriens) ont besoin d'un soutien financier bien plus important et le méritent."

L'exode massif des Syriens  est "la crise humanitaire la plus dramatique auquel le monde est confronté depuis très longtemps", a-t-il ajouté.

 

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