Attaque à la voiture à Jérusalem : un mort

Des manifestants palestiniens le 2 novembre 2014, près du checkpoint de Qalandia et de la mosquée Al-Aqsa. [CC / Abbas Momani/AFP]

Un policier a été tué et plusieurs personnes ont été blessées mercredi à Jérusalem dans une nouvelle attaque commise contre des piétons à l'aide d'une voiture. De violents incidents ont opposé mercredi Palestiniens et policiers israéliens sur le site ultra-sensible de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-est, apparemment provoqués par le projet d'extrémistes juifs de se rendre sur ce haut lieu de l'islam.

 

Une personne est morte - un policier - et plusieurs personnes ont été blessées mercredi à Jérusalem dans une nouvelle attaque commise contre des piétons à l'aide d'une voiture dont le conducteur a été tué par des membres des forces de sécurité présents, ont rapporté plusieurs médias.

 

 

Par ailleurs, des heurts ont éclaté à l'ouverture, au petit matin, de la porte des Maghrébins par laquelle passent les visiteurs non-musulmans de l'esplanade des Mosquées.

Des Palestiniens s'étaient retranchés dans la nuit sur l'esplanade, sans doute dans l'attente des visiteurs juifs. Quand la porte s'est ouverte, des dizaines de manifestants masqués ont lancé des pierres et de puissants pétards sur les policiers israéliens qui se trouvaient là, selon le récit de la police.

Les policiers ont alors pénétré sur l'esplanade. Avec les moyens anti-émeutes habituels, ils ont repoussé les Palestiniens à l'intérieur de la mosquée Al-Aqsa selon un scénario désormais bien connu.

Mais, fait rare de l'aveu même de la porte-parole de la police Luba Samri, les policiers sont entrés de quelques mètres à l'intérieur d'Al-Aqsa pour pouvoir dégager des pierres bloquant les portes et fermer celles-ci. Il n'y a pas eu d'arrestation car "c'est un lieu saint", a précisé la porte-parole.

C'est la première fois que les policiers entrent aussi loin dans la mosquée et s'approchent d'aussi près du minbar, la chaire de l'imam, a assuré à l'AFP Adnane al-Husseini, gouverneur de Jérusalem-Est et ancien responsable de la fondation islamique qui gère l'esplanade.

Les policiers ont pris place sur tous les toits dominant l'esplanade, ont constaté les journalistes de l'AFP.
    
 

La Vieille ville également touchée 

Les incidents se sont étendus à la Vieille ville que surplombe l'esplanade et qui est transformée depuis quelques jours en camp retranché gardé par des centaines de policiers et de check-points. Un Palestinien a été blessé, selon la police.

Près de la porte des Lions, les policiers ont tiré des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes pour disperser la foule amassée, dans laquelle se trouvaient des dizaines d'enfants attendant de se rendre dans les écoles voisines.

Dans le bourdonnement des hélicoptères survolant la Vieille ville, les policiers ont ensuite entrepris de repousser la foule loin de l'esplanade des Mosquées, dont tous les accès ont été brièvement bloqués avant de rouvrir après 09H00.

La police ne s'est pas prononcée sur les raisons de ce nouvel accès de fièvre. Mais des extrémistes juifs avaient appelé à se rendre massivement mercredi sur l'esplanade des Mosquées pour signifier leur soutien à Yehuda Glick.

Cette figure de la droite ultranationaliste juive qui milite pour le droit des juifs à prier sur l'esplanade des Mosquées a été grièvement blessée par balles le 29 octobre à Jérusalem. Son agresseur présumé, un Palestinien présenté par le Jihad islamique comme l'un de ses membres, a été tué le lendemain par les policiers israéliens.

Ces évènements ont conduit les autorités israéliennes à prendre la mesure exceptionnelle de fermer l'esplanade des Mosquées jeudi dernier. Elle a été réouverte vendredi pour la grande prière musulmane hebdomadaire.
    
 

Extrémistes juifs plus bruyants

Dans un climat de tensions exacerbées, la visite annoncée d'activistes juifs sur l'esplanade des Mosquées ne peut être perçue par les musulmans que comme une provocation supplémentaire.

L'esplanade des Mosquées est le troisième lieu saint de l'islam. Elle est également vénérée par les juifs. Mais ces derniers n'ont pas le droit d'y prier. Ils sont seulement autorisés à des visites placées sous un strict contrôle policier par crainte d'incidents.

Mais, au cours des derniers mois, les activistes juifs réclamant le droit de prier sur l'esplanade, se sont fait entendre de plus en plus bruyamment. Les musulmans disent aussi que le nombre des visites juives a notablement augmenté.

Les musulmans s'alarment du fait que le gouvernement israélien puisse céder aux pressions des ultras et autorise les juifs à prier sur l'esplanade. Ils s'indignent de ce qu'ils perçoivent comme des provocations de la part de juifs ultras qui accèdent à l'esplanade sous le couvert d'une visite et se mettent à prier.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a répété à plusieurs reprises n'avoir aucune intention de changer le statu quo sur l'esplanade des Mosquées. Il a appelé à la retenue, y compris les extrémistes juifs, tout en promettant la fermeté face aux fauteurs de violences.

 

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