Quels enjeux pour le G20 ?

Barack Obama.[DIMITAR DILKOFF / AFP]

Contrôle de l’espace aérien, 6 000 policiers mobilisés… A partir de samedi, la ville australienne de Brisbane va devenir le centre du monde.

 

Jusqu’à dimanche, les dirigeants des plus grandes puissances économiques seront réunis pour un sommet du G20 qui s’annonce crucial.

Au menu des discussions, la situation économique morose dans la grande majorité des pays, les grands conflits qui touchent actuellement l’Ukraine, l’Irak et la Syrie, la lutte contre le réchauffement climatique ou encore l’épidémie d’Ebola.

 

Résoudre la crise dans l’est de l’Ukraine

Lors d’un récent entretien téléphonique avec le président ukrainien Petro Porochenko, Angela Merkel a assuré que la situation en Ukraine serait l’une des questions prioritaires du G20.

La chancelière allemande, qui a déclaré, le 11 novembre, se concentrer sur «l’instauration d’une trêve» et non sur «de nouvelles sanctions économiques», pourra s’entretenir aussi bien avec Vladimir Poutine qu’avec Barack Obama pour évoquer une désescalade dans le pays.

En revanche, aucune rencontre bilatérale n’a été organisée entre les présidents russe et américain, engagés depuis des mois dans un bras de fer sur la crise ukrainienne.

 

Stopper l’avancée de Daesh en Syrie et en Irak

L’autre conflit qui intéressera les membres du G20 est celui qui touche la Syrie et l’Irak. Les grandes puissances auront à cœur de mobiliser leurs forces pour contrer l’avancée du groupe terroriste Daesh. Les membres de la coalition, menée par les Etats-Unis, pourront faire un point sur l’efficacité des frappes qui visent depuis plusieurs semaines les positions de Daesh.

Mais ils pourront surtout discuter directement avec Moscou, qui continue d’apporter son soutien au régime de Bachar al-Assad ; avec la Turquie, qui refuse toujours de s’impliquer dans le conflit ; ou encore avec l’Arabie Saoudite, accusée d’avoir financé les jihadistes.

 

Relancer la croissance mondiale

Les membres du G20, qui représentent 85 % de l’économie de la planète, veulent profiter de ce sommet pour redonner un coup de pouce à la croissance mondiale.

Pour cela, ils se sont engagés à prendre des mesures qui doivent permettre d’augmenter la valeur du produit intérieur brut du G20 de 2 % supplémentaires d’ici à 2019. Concrètement, cela engendrerait une hausse du PIB mondial de plus de 2 000 milliards de dollars. Ces mesures, visant à doper les investissements, ont toutefois été jugées insuffisantes par certains experts.

«Est-ce que ce sera suffisant pour créer tous les emplois dont [le G20] a besoin ? La réponse est non», a estimé hier la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, pointant néanmoins «un pas dans la bonne direction».

 

Lutter contre le changement climatique

Quelques jours après un accord historique entre les Etats-Unis et la Chine, qui se sont fixé de nouvelles réductions des émissions de gaz à effet de serre, les grandes puissances pourraient être amenées à s’engager, elles aussi, pour enrayer le changement climatique.

Mais il faudra pour cela convaincre le Premier ministre australien Tony Abbott de mettre le sujet à l’ordre du jour. Arrivé au pouvoir en septembre 2013, le conservateur s’est fait remarquer en abrogeant une taxe carbone et un impôt sur les bénéfices des producteurs de charbon. «Je ne vais pas m’intéresser à ce qui pourrait se passer dans seize ans», expliquait-il hier.

 

Enrayer la progression du virus Ebola

Les vingt pays devraient réfléchir à une action commune pour stopper la propagation du virus Ebola. Hier, les professionnels de santé d’Afrique de l’Ouest ont appelé les membres à renforcer les soutiens et les moyens sur place.

La Banque mondiale devrait profiter de sa présence à Brisbane pour défendre la création d’un «fonds d’urgence» destiné à mieux contrer les prochaines pandémies.

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