Israël sous haute tension

Quatre Israéliens ont été sauvagement massacrés alors qu’ils effectuaient la prière du matin à la synagogue du quartier ultra-orthodoxe de Har Nof, à Jérusalem.[JACK GUEZ / AFP]

L’escalade de la violence en Israël a atteint hier mardi un nouveau palier. Attisant la crainte d’un nouvel embrasement de la région.

 

Le choc ressenti au sein de la population israélienne est immense. Les images des corps ensanglantés de fidèles juifs enveloppés dans leurs châles de prière, diffusées en boucle par les médias et sur les réseaux sociaux, devraient marquer durablement les esprits, dans un pays pourtant habitué à la violence.

Les quatre Israéliens (dont trois possédaient aussi la nationalité américaine et un la britannique) ont été sauvagement massacrés alors qu’ils effectuaient la prière du matin à la synagogue du quartier ultra-orthodoxe de Har Nof, à Jérusalem. Huit autres personnes ont été blessées.

Les assaillants, deux Palestiniens de Jérusalem-Est, étaient armés d’une hache, d’un couteau de boucher et d’un pistolet. Cette attaque, la plus meurtrière dans la Ville sainte depuis plusieurs années, marque une nouvelle étape dans l’escalade de violence à l’œuvre depuis plus de quatre mois en Israël.

 

Un cycle de violence sans fin

La découverte, le 30 juin dernier, des cadavres de trois jeunes Israéliens assassinés, suivie du meurtre d’un jeune Palestinien brûlé vif, le 2 juillet, a enclenché un cycle de violence qui n’a cessé depuis de s’intensifier. Aux affrontements quasi quotidiens entre jeunes Palestiniens et policiers israéliens sur l’Esplanade des mosquées se sont ajoutées plusieurs attaques à la voiture-bélier ou à l’arme blanche contre des Israéliens. Une spirale alimentée par la surenchère menée par les extrémistes des deux camps.

Le mouvement islamiste Hamas a ainsi présenté le massacre de la synagogue comme une «réponse au meurtre» d’un conducteur palestinien de bus retrouvé pendu lundi dans son véhicule à Jérusalem-Ouest. La police israélienne avait conclu au suicide. «Il existe une grande frustration au sein des populations arabes palestiniennes, alimentée par l’intervention à Gaza cet été, analyse Frédéric Pichon, auteur de Géopolitique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (PUF). Seule une reconnaissance de l’Etat palestinien semble pouvoir contribuer à apaiser les tensions.»

 

Vers une explosion de violence ? 

En attendant, le risque est réel d’assister à un embrasement généralisé, alors que certains députés de la droite dure israélienne ont appelé à l’opération armée dans les Territoires palestiniens.

Si une telle option semble exclue pour le moment, Israël devrait adopter une attitude plus dure, Benyamin Netanyahou ayant promis de répondre à l’attaque «avec une main de fer». Dans l’immédiat, les autorités ont annoncé la levée de restrictions sur le port d’armes pour certains citoyens afin de faciliter l’autodéfense.

Dans les prochains jours, la présence de la police israélienne pourrait augmenter à Jérusalem, certains évoquant même un déploiement de l’armée à Jérusalem-Est. Mais de telles mesures pourraient attiser le feu. Au risque de l’explosion. 

 

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