Vidéo EI : un second Français a été identifié

Michaël Dos Santos, un jeune homme de 22 ans, originaire de Champigny-sur-Marne, serait le second Français identifié dans la vidéo de décapitation massive. Il aurait adopté le nom de guerre "Abou Othman". [AL-FURQAN MEDIA / France 2]

Après le Normand Maxime Hauchard, un second Français de 22 ans, Mickaël Dos Santos, originaire du Val-de-Marne en région parisienne, a été identifié parmi les bourreaux du groupe jihadiste Etat islamique.

 

Ce jeune homme, né à Champigny-sur-Marne, a adopté le nom de guerre d'Abou Othman, a affirmé mercredi à l'AFP une source proche du dossier. Le nom de ce converti était apparu à l'automne 2013, peu après son départ, dans l'enquête sur le démantèlement d'une filière d'envoi de jihadistes vers la Syrie, ayant des ramifications dans la ville voisine de Villiers-sur-Marne.

Il apparaît, selon la source proche du dossier, dans la vidéo diffusée dimanche par les jihadistes de l'Etat islamique (EI) mettant en scène la mise à mort par décapitation de 18 prisonniers syriens et de l'otage américain Peter Kassig.

"L'homme concerné est connu par son engagement terroriste en Syrie et son comportement violent revendiqué sur les réseaux sociaux", a déclaré, sans le nommer, le Premier ministre Manuel Valls, tout en s'en remettant à la justice pour son "identification formelle".

Sollicité, le parquet de Paris a fait état de "fortes présomptions" que cet homme soit le deuxième Français parmi les bourreaux, un suspect évoqué lundi par le procureur François Molins qui avait parlé d'un jeune de 22 ans parti rejoindre l'EI en Syrie en août 2013.

 

"Un message très clair adressé à la France et aux Français"

Des sources proches de l'enquête interrogées par l'AFP se sont montrées quasiment certaines qu'il s'agit de Mickaël Dos Santos, mais insistent sur le fait que son identification, notamment avec le concours de ses proches, n'a pas encore été formellement établie.

Jean-Charles Brisard, expert des questions liées au terrorisme, a lui assuré à l'AFP que selon ses sources "il n'y a aucun doute, sa mère l'a reconnu sur la vidéo, et elle est effondrée". Pour lui, la présence de deux Français "parmi les bourreaux apparaissant à visage découvert" est "un message très clair adressé à la France et aux Français" par l'EI.
    

Radicalisé dès l'adolescence
    
Selon une source proche du dossier, "Abou Othman" présentait d'après les services spécialisés un profil très inquiétant, notamment en raison d'images choquantes postées sur les réseaux sociaux. Sa radicalisation avait été relevée dès son adolescence, en fin de scolarité.

Plusieurs membres de son entourage, originaires également du Val-de-Marne, un département où ont déjà été démantelées plusieurs filières jihadistes, sont encore dans la région avec lui, a précisé une autre source.

Dès lundi, le parquet de Paris avait annoncé que Maxime Hauchard, lui aussi âgé de 22 ans, lui aussi converti à l'islam et qui a aussi rejoint la Syrie en août 2013, apparaissait dans la vidéo de l'EI.

Une enquête a été ouverte pour assassinats en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste, visant ce jeune originaire de l'Eure qui dit s'être radicalisé via internet ainsi que le second Français potentiellement impliqué dans les décapitations.

Parmi les 16 autres combattants à visage découvert sur la vidéo, aucun n'a été formellement identifié. Un journal belge a fait état de la possible implication d'un Belge. Les images semblent aussi montrer le Britannique surnommé "Jihadi John" par les médias britanniques, qui apparaît masqué avec, à ses pieds, la tête de Peter Kassig. Il est considéré comme l'assassin présumé de James Foley et Steven Sotloff, les deux journalistes américains décapités depuis mi-août avec les humanitaires britanniques Alan Henning et David Haines.

 

Plus de 1.100 Français impliqués dans les filières jihadistes

L'EI, qui comprend des centaines de combattants étrangers, s'est emparé de larges pans de territoire en Syrie et en Irak, où il sème la terreur.

Les services spécialisés sont depuis longtemps convaincus de la participation de Français à des atrocités commises par différents groupes jihadistes, et avaient déjà identifié au moins un cas avant cette dernière vidéo, selon des sources proches du dossier.

Plus de 1.100 Français sont impliqués dans les filières jihadistes et 376 d'entre eux sont actuellement présents en Syrie ou en Irak, selon les autorités. Une quarantaine y ont déjà trouvé la mort.
Les convertis représentent 20% de ces jihadistes qui sont, dans leur écrasante majorité, recrutés sur internet.

 

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles