Daesh : Al-Assad juge les frappes de la coalition inefficaces

De jeunes femmes syriennes passent le 27 mai 2014 devant un portrait de Bachar al-Assad à Damas. Photo d'illustration. [Louai Beshara / AFP]

Les frappes aériennes en Syrie de la coalition dirigée par Washington contre le groupe Etat islamique sont inefficaces, juge le président syrien Bachar al-Assad, dans un entretien au magazine français Paris-Match dont des extraits ont été diffusés mercredi.

 

Ces interventions aériennes "nous auraient certainement aidés si elles étaient sérieuses et efficaces. C'est nous qui menons les combats terrestres contre Daesh (acronyme arabe de l'Etat islamique), et nous n'avons constaté aucun changement, surtout que la Turquie apporte toujours un soutien direct dans ces régions", souligne-t-il.

"On ne peut pas mettre fin au terrorisme par des frappes aériennes. Des forces terrestres qui connaissent la géographie et agissent en même temps sont indispensables. C'est la raison pour laquelle il n'y a pas eu de résultats réels après deux mois des campagnes menées par la coalition", ajoute le président syrien.

Mercredi à Bruxelles, la soixantaine de pays qui participent à la coalition internationale en Syrie et Irak a au contraire jugé que la campagne aérienne commençait "à montrer des résultats". L'avancée de l'EI en Irak et en Syrie est "en train d'être stoppée", ont affirmé ces pays à l'issue d'une réunion ministérielle.

 

Le président syrien se moque de François Hollande

Interrogé sur la chute et la mort brutales de Saddam Hussein et de Mouammar Kadhafi, Bachar al-Assad fait aussi valoir que "le capitaine ne pense pas à la mort, ni à la vie, il pense à sauver son navire". Son "but n'est pas de rester président, ni avant, ni pendant, ni après la crise", dit-il. "Mais quoiqu'il arrive, nous autres Syriens, n'accepterons jamais que notre pays devienne un jouet entre les mains de l'Occident. C'est un principe fondamental pour nous".

Il ironise par ailleurs sur l'impopularité du président français François Hollande, qu'il ne "connait même pas". "Je ne suis ni l'ennemi personnel ni le rival d'Hollande. Je pense que c'est plutôt Daech qui est son rival, puisque leurs cotes de popularité sont très proches", affirme-t-il. Selon lui, l'exécutif français actuel "oeuvre à l'encontre des intérêts (du peuple syrien) et de ceux du peuple français".

 

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