Philippines : les survivants du typhon ont encore tout perdu

Un garçon joue près du bord de mer de Manille, le 7 décembre 2014.[NOEL CELIS / AFP]

Un an après avoir tout perdu dans l'un des typhons les plus violents aux Philippines, des milliers de personnes ont quitté dimanche les abris d'urgence pour retrouver, abattus et las, leurs maisons à nouveau en ruine.

 

Le typhon Hagupit a balayé le centre de l'archipel samedi soir avec des rafales à plus de 200 km/h, détruisant les maisons, arrachant les toits et les poteaux électriques, emportant les ponts dans la ville de Tacloban et une douzaine de communes aux alentours.

Terrifiés, les habitants redoutaient une tempête semblable au super-typhon Haiyan qui avait dévasté la région le 8 novembre 2013, faisant plus de 7.350 morts et laissant plus d'un million de personnes sans abris en dur dans le centre du pays.

"Nous sommes restés en alerte toute la nuit, les vents étaient si puissants. On pouvait voir les toits s'envoler", raconte à l'AFP Vincente Roquero, 39 ans, un survivant d'Haiyan, réfugié dans un centre à Tacloban.

 

Plus de 50.000 personnes accueillies dans des centres

Les autorités avaient pris les devants dès vendredi, ordonnant à des millions de Philippins de se réfugier dans des églises, des écoles et des gymnases.

"Il y a un soulagement collectif. Nous étions mieux préparés. Plus de 50.000 personnes ont été accueillies dans des centres", dit à l'AFP Jerry Yaokasin, maire adjoint de Tacloban.

Mais beaucoup de ceux qui sont sortis dimanche ont constaté avec douleur qu'une nouvelle fois, ils avaient tout perdu. Leurs maisons, souvent des abris temporaires, frêles baraquements, voire même des tentes depuis le passage du précédent typhon, n'ont pas résisté.

 

"On n'a plus de toit au-dessus de la tête"

C'est le cas de Maria Anna Alvarez, 34 ans. Elle a perdu sa maison sur la côte l'an dernier et survit depuis, tant bien que mal, dans une tente fournie par une organisation humanitaire avec une douzaine de parents, dans la banlieue de Tacloban. Sa tente et celles de 300 autres familles aux alentours ont été détruites.

"Nous espérions passer un joyeux Noël... mais il semble que nos voeux ne seront pas réalisés", constate-t-elle.

"Il ne reste plus rien de notre maison, mais nous n'avons pas d'autres choix que de résister... Le plus important, c'est que nous soyons en vie", se console-t-elle.

Tereso Sano, un chauffeur au chômage de 42 ans, explique qu'il commencera à reconstruire la maison, qu'il partage avec sept autres personnes, dès que les vents auront faibli. "C'est dur, confie-t-il, de penser qu'on n'a plus de toit au-dessus de la tête".

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