L'Ukraine vers une issue ?

Des soldats ukrainiens le 1er décembre 2014.[ANATOLII STEPANOV]

L’Ukraine sortira-t-elle un jour de la crise profonde dans laquelle elle est plongée depuis maintenant plus d’un an ?

 

Une partie de la réponse émergera peut-être des négociations de paix qui se tiendront­ mardi à Minsk (Biélorussie), et qui doivent réunir des représentants des autorités ukrainiennes, russes, ainsi que des rebelles pro-russes et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Les précédentes négociations, en septembre, avaient débouché sur la mise au point d’un plan de paix, resté depuis lettre morte. Kiev espère que ces nouvelles discussions feront bouger les lignes, alors que la situation reste explosive dans l’est de l’Ukraine.

Les discussions seront suivies avec attention par la communauté internationale, inquiète de voir l’Ukraine sombrer dans le chaos. Samedi, François Hollande avait ainsi rencontré à Moscou son homologue russe, Vladimir Poutine, l’appelant à œuvrer pour la paix.

 

Faire baisser la tension

Si les combats ont baissé en intensité depuis septembre, des affrontements opposent encore presque quotidiennement les troupes ukrainiennes aux combattants séparatistes pro-russes dans l’est de l’Ukraine. Alors qu’un nouveau cessez-le-feu doit entrer en ­vigueur ­mardi, ces nouvelles discussions auront ainsi pour objectif d’appliquer les ­accords déjà signés.

Ceux-ci portent ­notamment sur le retrait des armes lourdes, le contrôle partagé de la frontière russo-ukrainienne, ainsi que sur une autonomie accrue des régions de l’est du pays (Lougansk et Donetsk).

La signature d’un nouvel accord et la mise en place de ces mesures sont d’autant plus urgentes que la situation se dégrade pour les populations sur place.

"L’Ukraine a décidé de cesser de soutenir les régions séparatistes, mais la Russie refuse aussi de payer, ­explique Volodymyr Poselskyy, vice-président de l’ONG «Ukraine dans l’Europe». On se demande comment la région, privée des ressources élémentaires, va passer l’hiver".

 

Une mise en œuvre difficile

La tâche s’annonce toutefois difficile, tant les positions semblent éloignées. Moscou n’a ainsi aucun intérêt à ce que la situation s’améliore, et, selon des témoins sur place, continuerait à acheminer des armes à destination des rebelles pro-russes.

"Vladimir Poutine veut que l’Ukraine devienne comme la Bosnie, un Etat fédéral très faible. Il ne souhaite pas annexer les régions de l’Est mais cherche à y imposer la domination russe afin d’affaiblir durablement l’Ukraine", analyse Volodymyr Poselskyy.

Un facteur peut toutefois inciter à l’optimisme, le fait que la Russie commence à payer le prix des sanctions qui lui sont imposées par l’Occident. Sa monnaie, le rouble, est en chute libre, ce qui, ajouté à la chute des prix du ­pétrole, pourrait mener le pays à la ­récession dès l’année prochaine.

Même s’il persiste à nier jouer un rôle en Ukraine, Vladimir Poutine pourrait ainsi adopter une attitude plus coo­pérative afin d’amadouer les Occidentaux. 

 

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