La Corée du Nord nie être liée au piratage contre Sony

Kim Jong Un, le 13 avril 2012[KNS / AFP]

Le FBI a annoncé vendredi que la Corée du Nord était à l'origine du piratage informatique contre le studio de cinéma Sony, la plus grave cyber-attaque jamais menée contre les Etats-Unis selon lui, ce que Pyongyang a aussitôt démenti.

 

"Le FBI a suffisamment de preuves pour conclure que le gouvernement nord-coréen est responsable de ces actions", écrit-il dans un communiqué, estimant qu'il s'agissait d'un "comportement inacceptable pour un Etat".

Le conseiller politique de la Corée du Nord à l'ONU à New York, Kim Song, a rapidement réagi pour nier toute implication de Pyongyang. "Notre pays n'a aucun lien avec ce hacker", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Bien que le FBI a déjà vu une grande variété et un nombre croissant d'intrusions informatiques, la nature destructrice de cette attaque, associée à sa nature coercitive, la classe dans une catégorie à part", a poursuivi la police fédérale américaine.

L'intention de la Corée du Nord était "d'infliger des dommages importants à une entreprise américaine et de supprimer le droit d'expression des citoyens Américains", a-t-elle relevé.

Sony Pictures Entertainment (SPE) avait annoncé fin novembre avoir été victime d'une attaque informatique, revendiquée par le groupe de pirates informatiques GOP ("Guardians of Peace"), au cours de laquelle de grandes quantités de données avaient été dérobées et certaines mises en ligne.

Le studio avait ajouté avoir reçu ensuite des menaces évoquant les attentats du 11-Septembre, qui l'ont conduit à annuler la sortie en salles de "L'interview qui tue", comédie satirique sur un complot fictif de la CIA pour assassiner le leader nord-coréen Kim Jong-Un.

La Corée du Nord, rapidement pointée du doigt, avait alors démenti toute implication dans ce piratage, tout en le qualifiant d'"acte légitime".

"L'attaque de la Corée du Nord contre SPE confirme une nouvelle fois le fait que les cyber-menaces représentent l'un des plus graves dangers pour la sécurité nationale des Etats-Unis", a relevé le FBI.

"Nous sommes extrêmement inquiets de la nature destructrice de cette attaque contre une entreprise privée et les citoyens qui y travaillent", a-t-il poursuivi.

 

"Acte méprisable et criminel"

Ce n'est "pas seulement une attaque contre une entreprise et ses employés. C'est aussi une attaque contre notre liberté d'expression et notre mode de vie", a estimé le secrétaire à la Sécurité intérieure Jeh Johnson, après cette annonce.

De son côté, Chris Dodd, président du lobby de l'industrie du cinéma américain, la Motion Picture Association of America, a estimé que ce piratage constituait "un acte méprisable et criminel".

Cet acte "menace les emplois de milliers d'Américains qui travaillent pour l'industrie du cinéma et de la télévision, de même qu'il menace des millions d'autres qui veulent tout simplement aller au cinéma", a-t-il poursuivi. "L'internet est une force puissante du bien et il est regrettable qu'elle soit utilisée comme une arme".

Le sénateur républicain John McCain, qui va présider en janvier la très puissante commission des forces armées du Sénat, avait qualifié vendredi matin cette attaque informatique "d'acte de guerre".

Mais le fait que ce soit le FBI qui se charge publiquement du dossier plutôt que le commandement militaire en charge de la défense du cyberespace laisse penser que l'administration Obama ne souhaite pas aller aussi loin que M. McCain.

Sans citer Pyongyang, la Maison Blanche avait évoqué jeudi une réponse qui soit "appropriée" et "proportionnelle". Le président américain Barack Obama doit tenir sa traditionnelle conférence de presse de fin d'année à 13H30 (18H30 GMT) à la Maison Blanche.

Outre le vol de données sensibles concernant SPE et la vie privée de ses employés, le piratage a "détruit" le système informatique du groupe en "rendant inopérables plusieurs milliers d'ordinateurs", a fait savoir la police fédérale, précisant que Sony avait rapidement réagi, ce qui avait permis aux enquêteurs d'identifier ses agresseurs.

Le FBI a expliqué être parvenu à cette conclusion après avoir notamment observé des correspondances "importantes" entre les infrastructures de ce piratage et celles utilisées dans d'autres attaques directement attribuées à Pyongyang, ainsi que des "similarités" dans les outils employés contre SPE et une attaque des Nord-Coréens en mars 2013 contre des banques et des médias de Corée du Sud.

 

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