Les nouvelles sanctions attisent le conflit en Ukraine

Des rebelles prorusses le 31 août 2014 à Donetsk [Francisco Leong / AFP]

Les nouvelles sanctions adoptées par les Etats-Unis et le Canada contre la Russie entravent les efforts de règlement du conflit en Ukraine, a déclaré samedi le ministère russe des Affaires étrangères.

 

"Les sanctions visent à perturber le processus politique", a dit le ministère dans un communiqué après l'annonce vendredi des nouvelles sanctions. 

"Nous conseillons à Washington et Ottawa de réfléchir aux conséquences de telles actions", a ajouté le ministère.

Le président américain Barack Obama a interdit par décret présidentiel tous les échanges commerciaux avec la Crimée pour protester contre l'annexion de cette péninsule ukrainienne par Moscou au printemps dernier.

Le Trésor américain a ajouté à sa liste noire 24 responsables ukrainiens ou russes et leurs milices, sanctionnés pour leur rôle à la tête notamment de la république séparatiste de Donetsk.

Le Canada, de son côté, a imposé des restrictions à l'exportation vers la Russie de technologies liées à l'exploration et l'extraction du pétrole en Arctique et en eau profonde, ainsi que du pétrole de schiste.

"La Crimée est une partie originelle et inséparable de la Russie. Les habitants de Crimée sont aujourd'hui avec le peuple russe, qui n'a jamais cédé et ne cédera jamais aux pressions extérieures", déclare le ministère.

Au lieu d'aider à régler le conflit, les sanctions "soutiennent +le parti de la guerre+ de Kiev", ajoute-t-il, en référence aux responsables ukrainiens opposés aux négociations avec les séparatistes.

Kiev se prépare actuellement à une nouvelle série de pourparlers avec les représentants des "républiques populaires" autoproclamées de Donetsk et Lougansk, pour tenter de mettre un terme à un conflit qui a fait plus de 4.700 morts depuis la mi-avril.

Le président Petro Porochenko qui avait auparavant affirmé que la rencontre de Minsk se tiendrait dimanche a convoqué pour 14H00 GMT samedi le Conseil de sécurité nationale et de défense où cette question devrait être abordée. 

Kiev va par ailleurs accueillir dans les jours qui viennent deux alliés de Vladimir Poutine dans l'ex-URSS, le président bélarusse Alexandre Loukachenko dimanche et le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev lundi, inquiets de la répercussion de la crise sur leurs pays.  

En visite à Kiev vendredi, le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier a estimé que tout devait être fait pour que les pourparlers de Minsk reprennent, si possible dimanche, mais un responsable séparatiste a indiqué que, de leurs côtés, ils ne seraient pas prêts avant lundi.

Aucune date n'a été fixée vendredi à l'issue d'une visioconférence entre les protagonistes.

 

 "Soutien à l'Ukraine"

Affaiblie depuis l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par de lourdes sanctions occidentales qui aggravent la crise monétaire, la Russie a été frappée vendredi par de nouvelles sanctions américaines et canadiennes.

"Nous saluons ces sanctions. Cela témoigne du soutien à l'Ukraine de la part de ces pays", a commenté samedi à l'AFP le porte-parole de la diplomatie ukrainienne Evguen Perebyïnis. 

"J'appelle à nouveau la Russie à cesser son occupation et ses tentatives d'annexion de la Crimée (et) à cesser son soutien aux séparatistes dans l'est de l'Ukraine", a par ailleurs déclaré le président américain.

Accusée par Kiev et les Occidentaux d'armer la rébellion prorusse dans l'est de l'Ukraine et d'y avoir déployé des troupes, la Russie dément toute implication dans le conflit.

Interrogé sur les nombre de militaires russes en Ukraine, le président Vladimir Poutine a dit jeudi que ceux qui y sont "suivent l'appel de leur conscience". 

 

Un ministre zimbabwéen, premier étranger en Crimée

Après avoir démenti dans un premier temps l'occupation de la Crimée par les forces russes avant son annexion, M. Poutine a remercié vendredi "la direction du ministère de la Défense et les effectifs pour leur courage et professionnalisme lors des évènements en Crimée" lors d'une visite au ministère de la Défense. 

Le Canada, de son côté, a annoncé vendredi l'interdiction de l'entrée sur son territoire à une vingtaine de responsables politiques russes et séparatistes ukrainiens. Le Canada impose aussi des restrictions à l'exportation vers la Russie de technologies liées à l'exploration et l'extraction du pétrole en Arctique et en eau profonde, ainsi que du pétrole de schiste.

Le Premier ministre Stephen Harper a estimé que "le régime de Poutine avait en permanence violé l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'indépendance de l'Ukraine. Le Canada n'acceptera pas l'occupation illégale de la Crimée", a-t-il dit.

La Crimée a pour sa part accueilli samedi le ministre zimbabwéen de l'Environnement Savior Kasukuwere, premier responsable étranger à visiter la péninsule après l'annexion, a rapporté l'agence publique russe Ria Novosti.  

Faisant référence aux sanctions occidentales frappant le Zimbabwe depuis plus de 14 ans, M. Kasukuwere a assuré que cela ne faisait que consolider l'unité du peuple, selon la même source.

 

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