Le pape condamne la "persécution brutale" des minorités et les violences contre les enfants

Le pape François [Alberto Pizzoli / AFP / Archives]

Le pape a demandé jeudi dans son appel traditionnel de Noël l'arrêt de la "persécution brutale", des massacres et prises d'otages, du Moyen Orient au Nigeria, ainsi que des violences, trafics et abus dont sont victimes les enfants.

 

Le pape a condamné fortement jeudi, dans son message de Noël, tous les trafics, abus, exploitations et violences que subissent les enfants "sous nos propres yeux", et la "persécution brutale", les massacres et les prises d'otages dans le monde.

Le pape argentin prononçait son traditionnel message "Urbi et Orbi" ("à la ville et au monde") de la loggia de la basilique Saint-Pierre à une foule très nombreuse rassemblée par un temps gris et doux.

Il y a trop d'enfants "victimes d'abus et exploités sous nos propres yeux et avec notre silence complice", a-t-il dénoncé. En sortant de son texte, visiblement ému, il a évoqué "les enfants massacrés sous les bombardements, y compris là où est né le Fils de Dieu" (en Terre Sainte), et leur "silence impuissant qui crie sous l'épée".

Dénonçant "l'indifférence", François a aussi déploré les enfants "tués avant de voir la lumière", dans une condamnation explicite de l'avortement.

"Que Jésus sauve les trop nombreux enfants victimes de violence, objets de trafics et de la traite des personnes, ou contraints de devenir soldats", a-t-il demandé.

"Qu'il apporte le réconfort aux familles des enfants tués au Pakistan la semaine dernière", a-t-il relevé en particulier, faisant allusion aux 149 personnes dont 133 écoliers tués à Peshawar par un commando taliban.

François a par ailleurs exhorté les Ukrainiens à "surmonter les tensions, vaincre la haine et entreprendre un nouveau chemin de fraternité et de réconciliation".

 

Le pape argentin a mis l'accent sur les violences des groupes jihadistes en Irak et en Syrie.

"A Dieu, Sauveur du monde, je demande qu’il regarde nos frères et soeurs d’Irak et de Syrie qui, depuis trop de temps, souffrent des effets du conflit en cours et, avec ceux qui appartiennent à d’autres groupes ethniques et religieux, subissent une persécution brutale", a-t-il relevé, dans ce message retransmis par des télévisions du monde entier.

Il a évoqué "les nombreuses personnes dispersées, déplacées et réfugiées, enfants, adultes et personnes âgées, de la région et du monde entier". Il a demandé  qu'ils "puissent recevoir les aides humanitaires nécessaires pour survivre à la rigueur de l’hiver et revenir dans leurs pays".

Le pape a appelé plus largement à la "paix dans tout le Moyen-Orient", demandant un large "soutien aux efforts de ceux qui s'engagent efficacement pour le dialogue entre Israéliens et Palestiniens".

L'Afrique a été évoquée, mais pas l'Amérique latine. Il a exhorté à "la paix au Nigeria, où à nouveau du sang est versé et trop de personnes sont injustement soustraites à l’affection de leurs proches et tenues en otage ou massacrées". Il a aussi invité au dialogue et à la pacification en Libye, au Sud Soudan, en Centrafrique et en République Démocratique du Congo.

Il a exprimé sa solidarité aux victimes africaines de l’épidémie Ebola, renouvelant "une invitation pressante à assurer l’assistance et les thérapies nécessaires".

"Vraiment, il y a tant de larmes en ce Noël", a-t-il conclu, demandant que le "pouvoir divin" touche "la dureté des coeurs de tant d’hommes et de femmes immergés dans la mondanité et dans l’indifférence".

 

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