Belgique : abandon du projet d'euthanasie d'un violeur interné

Le violeur et meurtrier belge Frank Van Den Bleeken devait être euthanasié le 11 janvier. [BERTRAND GUAY / AFP]

A cinq jours de la date prévue pour son euthanasie, les médecins du violeur et meurtrier belge Frank Van Den Bleeken ont décidé de mettre fin à la procédure, qui suscitait la polémique en Belgique, a annoncé mardi le ministre de la Justice, Koen Geens.

 

M. Van Den Bleeken sera transféré dans un centre psychiatrique de Gand, ouest du pays, a ajouté le ministre, promettant un meilleur encadrement des personnes atteintes de "troubles psychiques profonds".

"Le ministre de la Justice, Koen Geens, prend acte de la décision des médecins traitants de Monsieur Frank Van Den Bleeken de ne plus continuer la procédure d'euthanasie", qui devait se dérouler dimanche dans l'aile médicalisée de la prison de Bruges, a indiqué un communiqué du ministère. Le ministre n'a founi aucune précision sur les motifs de ce revirement, indiquant seulement que "les motivations personnelles de cette décision relèvent du secret médical". 

La polémique enflait en Belgique depuis l'annonce samedi de la date programmée pour l'euthanasie de ce quinquagénaire interné depuis 26 ans, beaucoup dénonçant dans cette évolution un détournement de la loi belge sur l'aide à la fin de vie. 

M. Van Den Bleeken, qui a commis plusieurs viols, dont un suivi de meurtre le 1er janvier 1989, se considère comme un danger pour la société et ne souhaite pas être remis en liberté. Mais jugeant ses conditions de détention inhumaines, il avait demandé à être transféré vers un établissement psychiatrique spécialisé aux Pays-Bas. Après le refus de la justice belge, il estimait n'avoir pas d'autre issue que l'euthanasie.

 

Euthanasie autorisé

Le ministre de la Justice a indiqué mardi avoir "décidé de transférer" Frank Van Den Bleeken au Centre Psychiatrique légal de Gand (ouest), une institution ouverte en novembre, en vue de développer un "trajet adapté de soins". En outre, selon Koen Geens, des "contacts très récents et intenses" avec les autorités néerlandaises "offrent une claire perspective d'un transfert rapide vers un centre spécialisé dans les longs séjours d'internement".

Cette affaire a souligné les limites de la loi de 2002 autorisant dans certaines conditions l'euthanasie, dont la présence "d'une souffrance physique ou psychique constante et insupportable". La Ligue belge des droits de l'Homme (LDH) a notamment jugé que le choix de M. Van Den Bleeken était "le résultat direct des manquements de l'Etat Belge à son obligation de prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux".

Le ministre de la Justice a promis mardi de développer dans les six prochains mois un "plan en vue de l'organisation d'une capacité concrète d'accueil en Belgique" des internés souffrant de troubles psychiques profonds, alors que le pays a été plusieurs fois condamné par la Cour européenne des droits de l'homme pour ses carences dans ce domaine.

 

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