Jihadisme : Le pape dénonce les "formes déviantes de religion"

Le pape François [Alberto Pizzoli / AFP / Archives]

Le pape François a dénoncé lundi "les formes déviantes de religion" à l'origine du "tragique massacre" de Paris, où 17 personnes ont été tuées par des jihadistes dans trois attaques différentes, ainsi que le fondamentalisme qui relègue Dieu "au rang de pur prétexte idéologique".

Il y a "une culture qui rejette l'autre, finissant par engendrer la violence et la mort. Nous en avons un triste écho dans (...) le tragique massacre survenu à Paris. L'être humain devient esclave (....) parfois même de formes déviantes de religion", a déclaré le pape lors de son message annuel devant le corps diplomatique réuni au Vatican.

"Le terrorisme d'origine fondamentaliste en Syrie et en Irak est une conséquence de la culture du rejet appliquée à Dieu. Il refuse Dieu lui-même, le reléguant au rang de pur prétexte idéologique", a-t-il fustigé, en réaffirmant, alors que les violences menacent les chrétiens dans la région, qu'un "Moyen-Orient sans chrétiens serait un Moyen-Orient défiguré et mutilé".

Dans un tableau mondial très sombre de cette "vraie guerre mondiale qui se déroule par morceaux", le pontife argentin a cité l'exemple positif du rapprochement entre les Etats-Unis et Cuba comme celui d'un "dialogue qui peut construire des ponts".

 

La récente décision des Etats-Unis et de Cuba pour modèle
 
Jorge Bergoglio a salué ce rapprochement, dans lequel le Vatican a été un médiateur essentiel : "un exemple qui m'est très cher de la manière dont le dialogue peut vraiment édifier et construire des ponts vient de la récente décision des Etats-Unis et de Cuba de mettre fin à un silence réciproque qui a duré plus d'un demi-siècle".

Il a parallèlement exhorté la  Colombie et le Venezuela à "établir la concorde", mais aussi l'Iran et les grandes puissances à s'accorder sur le programme nucléaire de Téhéran, et les Etats-Unis à "fermer définitivement" la prison de Guantanamo.

Le pape a lancé un appel très fort contre la pratique courante du viol dans les conflits, un "horrible crime": "le viol qui est une offense très grave à la dignité de la femme (...) avec un traumatisme qui pourra être difficilement effacé et dont les conséquences sont de caractère social".

Il a aussi demandé attention pour ceux qu'il a nommés "les lépreux de notre temps", en citant la manière "dont souvent sont traités les malades, isolés et marginalisés", parmi lesquels "les victimes de cette nouvelle et terrible épidémie d'Ebola".

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