La mobilisation s'intensifie en Europe contre le terrorisme

Un militaire en patrouille sur la place de la Nation, à Paris, le 14 janvier.[Mickael Sizine / Direct Matin]

La mobilisation s'intensifiait lundi en Europe après les attentats de Paris et le démantèlement d'une cellule jihadiste en Belgique, les ministres des Affaires étrangères de l'UE tentant d'améliorer la coopération dans la lutte contre le terrorisme.

 

Nous allons "discuter de la manière de lutter contre le terrorisme, pas seulement en Europe mais dans le reste du monde", notamment avec les pays musulmans, a déclaré la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, avant une réunion des 28 à laquelle a été convié le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi. "Nous devons mieux partager les informations, mieux coopérer", a-t-elle ajouté.

Les ministres se retrouvent avant une réunion de leurs homologues de l'Intérieur le 28 janvier à Riga et surtout un sommet de chefs d'Etat et de gouvernement européens le 12 février consacré à la lutte contre le terrorisme et les "combattants étrangers" européens de retour de Syrie ou d'Irak.

Preuve de la mobilisation internationale, plusieurs chefs de la diplomatie de l'UE participeront aussi jeudi à Londres à une rencontre organisée conjointement par le Royaume-Uni et les Etats-Unis entre pays membres de la coalition contre le groupe Etat islamique (EI) qui sévit en Syrie et en Irak.

La coopération en matière de renseignement, dans la lutte contre le trafic d'armes ou pour créer un registre commun des passagers aériens (PNR), est devenue une priorité des dirigeants européens après les attentats de Paris, qui ont fait 17 morts, et la vaste opération anti-jihadistes en fin de semaine dernière en Belgique pour déjouer des attaques contre la police, qui s'est soldée par la mort de deux suspects.

"Nous espérons, compte tenu de ce qui s'est passé en France, en Belgique et ailleurs, que le Parlement européen va comprendre qu'il faut débloquer le PNR", a demandé le ministre français, Laurent Fabius. Son homologue belge, Didier Reynders, a lui aussi plaidé pour "plus d'échange d'informations (...) pour suivre à la trace l'ensemble des combattants étrangers".

La coopération est étroite entre la Belgique et la Grèce, où deux suspects ont été arrêtés samedi. L'un des deux "pourrait avoir un lien" avec la cellule jihadiste démantelée la semaine dernière en Belgique, a annoncé le parquet fédéral, qui va demander son extradition.

 

Risques terroristes concrets

Selon une source policière grecque, il s'agit d'un Algérien de 31 ans qui a purgé une peine de prison en Grèce jusqu'au printemps 2014 pour des vols. Mais le chef et pourvoyeur de fonds de la cellule belge, qui projetait des attentats contre des policiers, est toujours en fuite. Il s'agirait d'Abdelhamid Abaaoud, un Belge d'origine marocaine de 27 ans qui a combattu dans les rangs de l'EI en Syrie, selon les médias belges.

L'armée a commencé samedi à surveiller certains sites sensibles à Bruxelles et à Anvers, une première en Belgique depuis les années 1980. Jusqu'à 300 soldats seront à terme mobilisés.

En France, neuf personnes soupçonnées d'être liées à Amédy Coulibaly et d'avoir pu lui apporter un soutien logistique, en armes et véhicules notamment, ont vu dimanche leur garde à vue prolongée jusqu'à mardi soir. Coulibaly avait tué une policière près de Paris puis quatre personnes juives dans une supérette casher dans l'est de Paris le 9 janvier.

En Allemagne, la manifestation hebdomadaire du mouvement anti-islam Pegida a été annulée lundi à Dresde (est) en raison d'un "risque terroriste concret". Un coup de filet dans la "mouvance islamiste" avait été effectué vendredi à Berlin, où deux personnes avaient été arrêtées.

Les rassemblements de Pegida ("Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident"), organisées depuis octobre, ont rassemblé un nombre toujours croissant de personnes à Dresde. Lundi dernier, 25.000 personnes, un record, avaient défilé dans la capitale de la Saxe.

De nombreuses manifestations ont eu lieu ce week-end dans des pays musulmans contre les caricatures du prophète Mahomet publiées dans le nouveau Charlie Hebdo publié après l'attaque du 7 janvier dans laquelle cinq dessinateurs ont été assassinés. Au Niger, de violentes émeutes ont fait dix morts.

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