L’action contre la terreur

Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius [Demarthon / AFP/Archives]

Après l’émotion, l’heure est à l’action. Les vingt-huit ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se sont réunis lundi à Bruxelles (Belgique) afin d’améliorer la lutte contre le terrorisme en Europe.

 

Car la menace n’a jamais semblé aussi grande : série d’attentats à Paris, démantèlement d’une cellule prête à passer à l’action en Belgique, arrestations en Grèce, projets d’actions terroristes en Allemagne… C’est désormais l’ensemble du Vieux Continent qui doit faire face.

De nouvelles mesures pourraient ainsi être annoncées prochainement. Après la réunion de lundi, elles seront encore évoquées par les ministres de l’Intérieur de l’UE le 28 janvier à Riga (Lettonie), avant un sommet de chefs d’Etat et de gouvernement européens qui est programmé le 12 février prochain.

Ce dernier sera consacré à la lutte contre le terrorisme et en particulier aux "combattants étrangers" européens de retour de Syrie ou d’Irak.

 

Améliorer la coopération

La principale mesure consisterait à améliorer la coopération entre les services de renseignement. Celle-ci fonctionne lorsqu’elle est bien orchestrée : les échanges d’informations ont permis de remonter la trace d’un complice présumé de la cellule terroriste démantelée jeudi en Belgique, qui se trouvait en Grèce.

Il s’agit aussi d’améliorer la lutte contre le trafic d’armes, alors que l’enquête est en cours sur celles utilisées en France par les frères Kouachi.

Une autre piste consiste à améliorer les échanges d’informations avec les pays musulmans. Des actions communes de lutte contre le terrorisme avec la Turquie et plusieurs pays arabes, dont le Yémen, ont été annoncées lundi.

Autre priorité, la lutte contre la propagande jihadiste sur Internet et sur les réseaux sociaux, devenus le principal outil de recrutement des jihadistes.

De nouvelles mesures permettraient de censurer certains discours politiques ou idéologiques sur la Toile, ce qui n’est pas encore le cas.

 

Des obstacles à surmonter

Mais l’évocation de telles mesures suscite des réticences. Certains mettent ainsi en garde contre un "Patriot Act" à la française, une référence aux lois instaurées aux Etats-Unis après le 11-Septembre, qui donnaient des pouvoirs élargis aux organes sécuritaires.

C’est ainsi au nom de la défense des libertés individuelles que le Parlement européen a refusé jusqu’à présent de signer le texte sur la mise en place d’un registre commun des passagers aériens (Passenger Name Record, ou PNR) au niveau européen.

Une mesure considérée par les dirigeants européens comme essentielle pour améliorer le contrôle des frontières extérieures de l’Union européenne.

"L’urgence n’est pas de prendre de nouvelles mesures, mais de donner davantage de moyens aux organes sécuritaires, qui disposent des outils nécessaires mais ne sont pas toujours en mesure de les exploiter, estime toutefois Frédéric Pichon, auteur de Syrie, pourquoi l’Occident s’est trompé (éd. du Rocher). Et la mise en place d’un “Patriot Act“ à la française nous mettrait en porte-à-faux par rapport à nos valeurs." Le débat semble condamné à durer. 

 

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