La BCE frappe fort pour relancer la croissance

Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi. [AFP/Archives]

La Banqe centrale européenne a annoncé jeudi le rachat de plus de 1.000 milliards d'euros de dette pour relancer la croissance sur le continent.

 

La mesure est à la hauteur des attentes. Comme prévu depuis quelques jours, la Banque centrale européenne a annoncé son intention de "lancer un programme élargi de rachats d'actifs".

Entre mars 2015 et septembre 2016, elle va ainsi racheter jusqu'à 60 milliards d'euros de dette publique et privée par mois, soit plus de 1 000 milliards au total, a annoncé son président Mario Draghi.

Et pour rassurer tous les pays membres, il a certifié que seuls 20% des titres achetés seront soumis à un partage des risques par tous les contribuables de la zone euro.

A l’instar de la Banque centrale du Japon ou de la Fed américaine, la BCE entend peser sur les taux d’intérêt pour éviter la déflation et relancer l’économie de la zone euro.

Appelée "assouplissement quantitatif", cette stratégie économique inédite intervient après que les prix en zone euro ont baissé de 0,2 % sur un mois en décembre, signant leur premier recul depuis octobre 2009.

Mais pour Mario Draghi, cette mesure de grande ampleur ne doit pas empêcher les gouvernements de la zone euro d’agir à leur échelle. "La politique monétaire peut créer les bases pour la croissance, mais pour que la croissance s'affermisse il faut de l'investissement", a-t-il lancé à l’intention des différents dirigeants.

 

Conséquence directe sur l’euro 

Si l’objectif principal de cette mesure est de relancer la croissance, cela devra se faire via différentes voies.

En premier lieu, l’Euro devrait baisser (il l’a fait juste après l’annonce de la BCE), favorisant les exportations européennes, notamment en zone dollar. Quelques minutes seulement après l'annonce de la Banque centrale européenne, l'euro est ainsi reparti à la baisse face au dollar. En début d’après-midi, il était ainsi tombé à 1,1483 dollar, alors qu'il évoluait quelques instants avant l'annonce autour de 1,1620 dollar.

Cela devrait également faire baisser les taux d’emprunts des pays membres, facilitant leurs investissements et l’arrivée d’investisseurs étrangers. Le taux d'emprunt français à 10 ans a ainsi atteint un plus bas historique à 0,601% contre 0,704% mercredi soir.  Enfin, cette mesure devrait aussi inciter les ménages à investir (en empruntant moins cher) au lieu d’épargner.

Pour autant, cette offensive monétaire n’a pas que des partisans. Certaines voix, notamment en Allemagne, s’élèvent pour dire leur crainte d’un relâchement des efforts de réformes des pays européens.

 

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