Egypte : tensions pour le 4e anniversaire de la révolte de 2011

Une vue générale du Caire, le 9 janvier 2014 [Khaled Desouki / AFP/Archives]

Trois manifestants islamistes ont été tués dans des heurts avec la police dimanche en Egypte, où les forces de l'ordre étaient en alerte pour le quatrième anniversaire de la révolte qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir.

 

Dans le nord du Caire, deux manifestants ont été tués dans des heurts avec les forces de l'ordre.

Un troisième manifestant avait ouvert le feu sur la police durant un rassemblement organisé par des partisans du président destitué Mohamed Morsi à Alexandrie (nord), selon des responsables de la sécurité. La police a répliqué, tuant ce manifestant et en blessant trois autres.

Au Caire, la place Tahrir, épicentre de la révolte de 2011, était placée sous l'étroite surveillance des blindés de l'armée par crainte de manifestations spontanées. Seuls quelques dizaines de soutiens de M. Sissi s'y sont rassemblés, brandissant des drapeaux égyptiens et scandant "vive l'Egypte", selon un journaliste de l'AFP.

"Ce sont les funérailles de la révolution," a tristement regretté Mamdouh Hamza, une figure du soulèvement de 2011 qui se trouvait près du rassemblement. "La situation ne s'est pas améliorée et rien n'a changé depuis que Sissi a pris le pouvoir," a-t-il déploré.

M. Sissi, élu en mai avec plus de 90% des voix et qui jouit du soutien d'une grande partie de l'opinion publique, est accusé par ses détracteurs d'avoir instauré un régime encore plus autoritaire que celui de Moubarak, réprimant toute opposition, islamiste comme laïque.

Ailleurs au Caire, où les rues étaient désertées et les policiers armés de mitraillettes gardaient les avenues principales, des manifestants islamistes ont brûlé un kiosque de police.

  

Attaque jihadiste

La journée de samedi avait déjà été marquée par la mort d'une manifestante tuée dans le centre de la capitale lors de heurts avec la police durant un rare rassemblement d'un mouvement de gauche organisé pour commémorer le soulèvement de 2011.

Selon un porte-parole du ministère de la Santé, Shaïmaa al-Sabbagh, 34 ans et mère d'un enfant de 5 ans, est morte après avoir été blessée par des tirs de chevrotine. Des manifestants ont indiqué qu'elle avait été touchée par des tirs de la police, qui dispersait la manifestation.

Depuis l'éviction de M. Morsi en juillet 2013, soldats et policiers ont tué plus de 1.400 manifestants islamistes et plus de 15.000 personnes ont été arrêtées, et la répression sévit aussi dans les tribunaux. L'ONU a dénoncé les peines de mort prononcées dans des procès de masse, qualifiés de "sans précédent dans l'Histoire récente".

Disant agir en représailles à cette répression, des groupes jihadistes ont multiplié les attaques contre les forces de l'ordre à travers le pays. Dimanche matin, deux policiers ont été blessés dans l'Est du Caire dans l'explosion d'une petite bombe, a indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur Hani Abdel Latif.

L'attaque a été revendiquée par Ajnad Misr, un groupe jihadiste qui avait déjà revendiqué l'explosion vendredi d'une petite bombe ayant blessé quatre policiers et un civil dans le même quartier.

Et deux "terroristes" sont morts dans l'explosion d'une bombe qu'ils installaient au pied d'un pylône électrique dans la province de Beheira (nord), selon M. Abdel Latif.

 

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