Des enfants handicapés, kamikazes forcés de l'EI

3 février 2015 : des membres de la communauté Yezidi examinent une fosse commune dans laquelle 25 des leurs ont été assassinés par l'Etat Islamique, non loin du village irakien de Sinuni. [SAFIN AHMED / AFP]

Un rapport de l'ONU sur le sort des enfants dans les territoires contrôlés par l'Etat islamique en Irak, révèle des faits effroyables. Kamikazes forcés, esclaves sexuels, boucliers vivants : de nombreux enfants, notamment issus des minorités, subissent les pires exactions.

 

L'ONU a dénoncé mercredi le recrutement en Irak par des "groupes armés", en particulier par l'Etat islamique (EI), d'"un grand nombre d'enfants", y compris handicapés, pour en faire des combattants, des kamikazes et des boucliers humains, ainsi que les sévices sexuels et les autres tortures qui leur sont infligés.

C'est "un énorme problème", a asséné devant des journalistes à Genève Renate Winter, l'un des 18 experts indépendants membres du Comité des droits de l'enfant des Nations unies (CRC), dont la tâche consiste à s'assurer que les Etats respectent la mise en oeuvre des traités internationaux relatifs aux droits des mineurs et qui a rendu un rapport sur la situation des enfants en Irak.

 

Enfants handicapés vendus

"Des enfants (sont) utilisés comme kamikazes, y compris des enfants handicapés ou ceux qui ont été vendus à des groupes armés par leurs familles", soulignent les auteurs du rapport.

Ils expliquent aussi comment certains mineurs ont été transformés en "boucliers humains" pour protéger des installations de l'EI des frappes aériennes, forcés à travailler à des postes de contrôle ou employés à la fabrication de bombes pour les jihadistes.

 

Exhortation

Le comité a exhorté Bagdad à explicitement criminaliser le recrutement d'une personne de moins de 18 ans dans les conflits armés. Le CRC a en outre dénoncé les nombreux cas d'enfants, notamment appartenant à des minorités yézidis ou chrétiennes, auxquels l'EI a fait subir des violences sexuelles et d'autres tortures ou qu'il a purement et simplement assassinés.

Bien que le gouvernement irakien soit tenu pour responsable de la protection de ses administrés, Mme Winter a reconnu qu'il était actuellement difficile de poursuivre les membres des "groupes armés non étatiques" pour de tels actes.

 

L'Etat Islamique n'est pas seul en cause

Selon elle, le gouvernement devrait s'efforcer de faire tout son possible pour protéger les enfants dans les zones qu'il contrôle et pour les extraire des lieux contrôlés par l'EI. Le comité a toutefois souligné que certaines violations des droits des enfants ne pouvaient être attribuées aux seuls jihadistes

De précédents rapports relevaient ainsi que des mineurs étaient obligés d'être de faction à des postes de contrôle tenus par les forces gouvernementales ou que des enfants étaient emprisonnés dans des conditions difficiles à la suite d'accusations de terrorisme, et dénonçaient également des mariages forcés de fillettes de 11 ans. Une loi permettant aux violeurs d'éviter toute poursuite judiciaire à condition de se marier avec leurs victimes s'est particulièrement attirée les foudres du CRC, qui a rejeté l'argument des autorités de Bagdad selon lesquelles c'était "le seul moyen de protéger la victime des représailles de sa famille".

 

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