La Grèce mise sous pression par la BCE

Alexis Tsipras, premier ministre de la Grèce.[YANNIS BEHRAKIS / POOL / AFP]

La Ban­que centrale européenne (BCE) a annoncé mercredi soir qu’elle n’accepterait plus les obligations émises par Athènes (bons du Trésor grec ou obligations bancaires garanties par l’Etat) – des ­titres jugés moins fiables que ceux que la BCE accepte normalement –  en échange de liquidités.

 

Cette dérogation avait été accordée à condition qu’Athènes mette en œuvre des mesures d’austérité dans le cadre du plan d’aide de la "troïka" (BCE, Commission européenne, Fonds monétaire international). Mais l’arrivée au pouvoir de Syriza, qui souhaite mettre fin a l’austérité et s’affranchir à terme des bailleurs internationaux, a changé la donne.

La décision de la BCE est intervenue à la veille de la visite à Bruxelles du ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, venu demander au président de la BCE, Mario Draghi, d’aider son pays à "garder la tête hors de l’eau", en soutenant les banques grecques. Mais à partir du 11 février, celles-ci ne pourront plus compter que sur le second dispositif mis à leur disposition par la BCE, à savoir l’aide d’urgence en liquidités (ELA), prodiguée par la Banque nationale grecque.

 
 
 
Un défi pour Alexis Tsipras
 
Alors que le taux d’emprunt grec auprès de la BCE est repassé jeudi au-dessus de la barre des 10 %, le gouvernement d’Alexis Tsipras encaisse donc son premier revers. Sa marge de manœuvre était déjà très ­limitée : la mise en œuvre de son programme "anti-austérité" apparaît désor­mais compliquée.
 
Reste à voir comment Alexis Tsipras va réagir : il a le choix entre se plier aux exigences de la troïka et durcir le ton, ce qui pourrait potentiellement aboutir à la sortie de la Grèce de la zone euro – le "Grexit". Le prochain épisode devrait se jouer mercredi prochain, lorsque Yanis Varoufakis se rendra à la réunion des ministres des Finances de la zone euro. 

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