Ukraine : Tractations sous tension

Le président russe, Vladimir Poutine.[Michael Klimentyev/RIA NOVOSTI/AFP]

Dernière chance pour la diplomatie. Paris et Berlin sont lancés depuis vendredi dans une course contre la montre afin d’éviter que le conflit en Ukraine ne dégénère en guerre totale.

 

Après s’être rendus successivement depuis jeudi à Kiev, Moscou, puis Munich, François Hollande et Angela Merkel se sont entretenus dimanche par téléphone avec les dirigeants russe Vladimir Poutine et ukrainien Petro Porochenko.

A l’issue de cet entretien, ils ont annoncé la tenue, mercredi, d’une réunion quadripartite à Minsk (Biélorussie). Une rencontre qui apparaît de plus en plus comme l’ultime espoir d’éviter le scénario du pire.

"Si nous ne parvenons pas à trouver – non pas un compromis –, mais un accord durable de paix, eh bien, nous connaissons parfaitement le scénario : il a un nom, il s’appelle la guerre", avait averti samedi François Hollande.  

 

Des négociations difficiles

L’heure est en effet à l’urgence. Alors que le conflit a déjà fait près de 5 300 morts en dix mois, les séparatistes prorusses ont intensifié ces dernières semaines leur offensive dans l’est de l’Ukraine, mettant en difficulté l’armée ukrainienne.

Il s’agira ainsi de convaincre Vladimir Poutine d’arrêter de soutenir les rebelles, même si ce dernier persiste à nier. "Il faut un dialogue politique, la fermeture de la frontière, le retrait de toutes les troupes étrangères et la remise en liberté immédiate des otages", a rappelé samedi Petro Porochenko.

La tâche s’annonce toutefois ardue, alors que le président russe s’est jusqu’à présent montré inflexible. Et plusieurs questions restaient en suspens, comme le statut des territoires conquis par les séparatistes ou le contrôle des frontières.

"C’est le rapport de force sur le terrain qui va déterminer le contenu de l’accord, analyse Volodymyr Poselsky, vice-président de l’ONG l’Ukraine en Europe. Et vu le contexte, un accord consisterait à entériner des frontières correspondant à la ligne de front actuelle."

 

Une issue très incertaine

L’annonce d’une réunion à quatre – au format Normandie, comme l’était celle du 6 juin dernier à l’occasion des 70 ans du Débarquement – pourrait néanmoins laisser place à l’espoir. La menace de nouvelles sanctions occidentales ne peut être négligée par Moscou.

Vladimir Poutine pourrait ainsi se montrer plus ouvert aux négociations, à condition d’obtenir des concessions suffisantes. La reconnaissance par Kiev d’une autonomie accrue dans les régions tenues par les séparatistes apparaît ainsi comme non négociable du point de vue du Kremlin.

En revanche, si la diplomatie échouait, les Occidentaux ne disposeraient que d’une alternative aux sanctions : fournir des armes à l’Ukraine. Une option qui divise les chancelleries occidentales, car elle pourrait aggraver la crise.

"Je ne vois pas en quoi un meilleur équipement de l’armée ukrainienne impressionnerait le président Poutine (…). Cela conduira plutôt à plus de victimes", a ainsi estimé Angela Merkel. Et même dans l’hypothèse où un accord serait trouvé, il faudrait encore que les séparatistes l’appliquent. Ce qui apparaît très incertain. 

 

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