Exécution dans le Missouri : polémique sur l'injection létale

L'injection létale se trouve au coeur d'une polémique après l'exécution d'un homme au Missouri. [CC/manu_la_hache/flickr]

Le meurtrier d'une jeune femme a été exécuté dans la nuit de mardi à mercredi dans le Missouri, après le refus de la Cour suprême de se saisir de son cas, similaire pourtant à celui qu'elle examinera fin avril.

 

A dix jours de son 48e anniversaire, Walter Storey est mort par injection létale à 00H10 (06H10 GMT) à Bonne Terre, a annoncé Mike O'Connell, porte-parole des autorités pénitentiaires du Missouri, dans le centre du pays.

Il avait été condamné à mort il y a tout juste 25 ans pour le meurtre de sa voisine, une travailleuse sociale de 36 ans, qu'il avait poignardée et frappée à mort, après avoir appris que sa propre femme demandait le divorce.

 

Un recours devant la Cour suprême rejeté

Son ultime recours devant la Cour suprême a été rejeté six heures auparavant par les cinq juges conservateurs contre les quatre progressistes.

Il s'appuyait sur la même question posée par trois condamnés à mort d'Oklahoma (sud) dont l'appel vient d'être saisi par la haute Cour et l'exécution arrêtée.

 

Une procédure d'injection létale illégale ?

De la même manière, son avocate Jennifer Herndon arguait de l'illégalité de la procédure d'injection létale d'usage au Missouri en raison du secret qui l'entoure et des souffrances inconstitutionnelles qu'elle est susceptible d'infliger au condamné.

Dans son argumentaire, elle estimait que les raisons pour lesquelles la Cour suprême s'est saisie du recours de l'Oklahoma "justifiaient" qu'elle en fasse autant dans cette affaire.

 

La polémique autour du midazolam utilisé dans plusieurs exécutions

Sept ans après avoir statué, la Cour suprême des Etats-Unis reviendra fin avril sur la polémique entourant l'injection létale, et pourrait décider d'interdire l'utilisation du midazolam, un barbiturique utilisé dans plusieurs exécutions accompagnées de souffrances, si elle juge qu'il conduit à un "châtiment cruel et inhumain" interdit par la Constitution.

Le midazolam est utilisé au Missouri comme sédatif avant les exécutions. "Le Missouri a mené douze exécutions utilisant le pentobarbital depuis novembre 2013 et aucun observateur n'a jamais rien constaté d'anormal dans ces exécutions toutes rapides et sans douleur", a argué Chris Koster, ministre de la Justice du Missouri, estimant que la procédure du Missouri n'avait rien à voir avec celle de l'Oklahoma qui utilise un cocktail de trois produits dont le midazolam.

Il s'agit de la 8e exécution de l'année aux Etats-Unis, la première du Missouri, selon le Centre d'information sur la peine capitale.

 

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