Comment stopper Daesh ?

Un commandos de l'EI a attaqué une base aérienne irakienne.[Al-FurqanMedia/AFP]

Alors que les jihadistes ne cessent d’élargir leur zone d’action, la communauté internationale se mobilise pour apporter enfin des réponses.

 

Un homme brûlé vif, un homosexuel jeté du toit d’un ­immeuble, des otages décapités par ­dizaines… Les exactions de Daesh ne semblent plus avoir de limites, alors que dans le même temps, l’expansion du groupe jihadiste se poursuit.

Né en 2006, il contrôle un large territoire à cheval sur l’Irak et la Syrie et s’est depuis peu implanté en Libye. Profitant de l’instabilité politique du pays qui, depuis la chute de Kadhafi en 2011 peine à ­rétablir un véritable Etat, Daesh compte y étendre son califat. Face à cette menace, désormais aux portes de l’Europe (moins de 400 km séparent la Libye de l’Italie), la communauté internationale réfléchit à une possible intervention.

 

Les pays arabes mobilisés

Depuis août dernier, la coalition in­ternationale a organisé des dizaines de frappes aériennes sur les positions de Daesh en Irak et en Syrie. Menées ­essentiellement par les Etats-Unis, elles ont stoppé l’avancée des jihadistes, mais ont vite montré leurs limites.

Les dernières provocations des islamistes ont changé la donne. Après avoir bombardé les positions du groupe jihadiste en Libye pour venger la mort de vingt et un coptes d’Egypte, Le Caire a demandé à l’ONU de mandater une intervention internationale sur place. Une décision qui illustre l’implication grandissante des pays arabes dans la coa­lition.

Quelques jours avant, c’était la Jordanie, directement touchée à travers l’exécution d’un de ses soldats, qui menait cinquante-six raids en trois jours, permettant de reprendre 25 % du territoire en Irak. Ce tournant dans la stratégie pourrait également préfigurer l’envoi de troupes au sol.

Opposé depuis le début à toute intervention terrestre, Barack Obama pourrait changer d’avis si les Nations unies montrent la voie. D’autant que près de 60 % des Américains y sont maintenant favorables.

Pour le moment, les Nations unies se battent seulement sur le terrain économique. Une réso­lution visant à couper les finances du groupe islamiste a en effet été adoptée la semaine dernière.
 

Une mission difficile

Stopper Daesh relève du casse-tête. La crainte d’un enlisement, comme celui qu’ont connu les Américains en Irak, rend les différents pays prudents.

L’ennemi, qui connaît le terrain, exerce son autorité sur près de 10 millions de personnes, et a accumulé des richesses,  jusqu’à 1,6 million d’euros par jour dans la vente de pétrole, selon l’ONU. Pour être efficace, les pays de la coalition devraient s’allier à des régimes qu’ils considèrent comme ennemis, à savoir la Syrie et l’Iran.

De plus, le scénario militaire reste une solution à court terme. "Toute opération doit être accompagnée d’initiatives politiques, estime Karim Pakzad, de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Sinon, cela pourrait faire croire à une guerre contre les ­musulmans." Une guerre mise en avant dans une propagande ­efficace, qui a mené beaucoup de groupes secondaires, comme Ansar Beït al-Maqdess au Sinaï ou Jund al-Khilafa en Algérie, à faire allégeance à Daesh, augmentant chaque jour un peu plus sa zone d’influence.

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