Menaces islamistes : le Vatican sur le qui-vive

Le goût du pape pour les contacts directs ne facilite pas la tâche de la sécurité (ici à Manille le 18 janvier 2015).[©TedAljibe/AFP]

Les attentats et menaces islamistes des derniers mois en Europe ont conduit à "accroître le niveau de surveillance" au Vatican, a admis mercredi le nouveau commandant des Gardes suisses, Christoph Graf.

 

"Ce qui s'est produit à Paris avec Charlie Hebdo peut se produire aussi au Vatican, et nous sommes prêts à intervenir pour défendre François", a affirmé au quotidien "Il Giornale" le commandant de ce corps d'armée, chargé avec la Gendarmerie vaticane de protéger le pape.

"Nous demandons à tous les gardes suisses d'être plus attentifs, d'observer soigneusement les mouvements des personnes", a-t-il ajouté, soulignant que seul un service de renseignement pouvait fournir des informations précises sur un danger éventuel.

 

Une sécurité plus distante

"Nous sommes bien organisés avec les gendarmes. Eux aussi sont prêts", a ajouté le commandant, qui a pris ses fonctions en début d'année. Selon les médias italiens, son prédécesseur a été limogé en raison de son style trop autoritaire et rigide.

Le goût du pontife argentin pour les contacts directs ne facilite pas leur tâche, mais François "n'aime pas quand les gens, et aussi le personnel de sécurité, sont trop près de lui. Nous respectons cette demande et restons un peu plus à distance", a expliqué le commandant.

 

Gendarmerie vaticane et Gardes suisse

L'essentiel de la sécurité du pape, au Vatican et ailleurs, repose sur la Gendarmerie vaticane, qui compte 150 hommes. Fondée au XIXe siècle, elle travaille avec des moyens informatiques modernes en lien avec gendarmerie et les services secrets italiens. Elle dispose depuis 2008 d'un groupe d'intervention rapide, formé à l'anti-terrorisme.

A ses côtés, les 110 Gardes suisses assurent la garde à l'entrée du Palais pontifical, dans leur célèbre costume datant de la Renaissance, mais aussi la protection rapprochée du pape, en civil cette fois.

L'existence de ce corps remonte à 1527, et Christoph Graf a tenu à démentir les rumeurs selon lesquelles le pape François envisagerait leur dissolution. Il a cependant reconnu des difficultés de recrutement.

 

Pas de menaces particulières contre le Vatican

Selon le cardinal Pietro Parolin, numéro deux du Saint-Siège, le ministre italien de l'Intérieur Angelino Alfano lui a assuré mardi "qu'il n'y avait pas de menace (terroriste) particulière concernant le Vatican".

Le cardinal a appelé à la "vigilance", "sans tomber dans l'alarmisme".

 

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