Accusations de Tsipras contre l'Espagne et le Portugal

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras, le 18 février 2015.[ARIS MESSINIS / AFP]

Le gouvernement allemand a estimé lundi que le Premier ministre grec Alexis Tsipras avait commis "une faute" en accusant samedi l'Espagne et le Portugal d'avoir voulu conduire son pays à une asphyxie financière lors des négociations sur la dette grecque.

 

Cette déclaration de M. Tsipras faite samedi "était une faute très inhabituelle selon les critères européens. Cela ne se fait pas dans l'Eurogroupe", a déclaré Martin Jäger, porte-parole du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, lors d'une conférence de presse.

Les relations entre Berlin et Athènes se sont nettement tendues depuis l'arrivée au pouvoir en Grèce de la gauche radicale Syriza qui a promis de remettre en cause la politique de réformes économiques défendue par l'Allemagne en Europe.

 

Soutien à la Grèce accordé par l'Allemagne

Les députés allemands avaient approuvé vendredi la prolongation d'un programme européen de soutien financier à la Grèce, malgré de fortes réticences dans la population allemande. M. Schäuble a lui-même affirmé que ce soutien à la Grèce n'était "pas une décision facile", notamment en raison des prises de position récurrentes du gouvernement grec contre les contreparties aux aides financières imposées par les créanciers (UE, FMI, BCE).

M. Jäger a pris lundi la défense de l'Espagne et du Portugal. Ces deux pays "sont des partenaires avec lesquels nous coopérons très étroitement. Nous avons une très haute reconnaissance pour ce qu'ils ont réussi sur la voie des réformes ces dernières années", a-t-il dit.

 

Perte de confiance

Interrogé sur la confiance que l'Allemagne pouvait placer dans les engagements de réformes arrachées à la Grèce après d'âpres négociations, M. Jäger n'a pas caché les doutes de son ministre. "C'est un fait que beaucoup de confiance a été perdue ces dernières semaines", a-t-il déclaré.

"Nous n'avons pas d'autre choix pour l'instant que de nous référer à ce qui a été mis par écrit et la déclaration de l'Eurogroupe sur le cas de la Grèce est sans ambiguité. Nous veillerons avec beaucoup de soin à chaque étape du processus à ce que ce qui a été convenu ensemble soit mis en oeuvre", a-t-il dit.

 

Déclenchement de manifestations

Le compromis conclu par M. Tsipras à Bruxelles pour prolonger l'aide européenne à la Grèce est contesté dans ses propres rangs et a fait descendre des manifestants dans la rue.

Samedi, il a accusé l'Espagne et le Portugal d'avoir voulu conduire son pays à "une asphyxie financière" lors des négociations.

 

Réplique de l'Espagne et du Portugal

"Ces puissances ne souhaitaient pas que l'exemple grec ait une influence sur d'autres pays, surtout dans la perspective des élections en Espagne" prévues pour novembre, et en septembre ou octobre au Portugal, a-t-il dit.

L'Espagne et le Portugal lui ont répliqué vertement dimanche et ont protesté officiellement auprès de Bruxelles. Madrid a appelé le Conseil européen et la Commission européenne à "condamner les déclarations" de M. Tsipras, selon une source du gouvernement espagnol.

 

Vous aimerez aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles