Tanzanie : la violence envers les albinos perdure

Illustration : Des enfants albinos au Burundi en 2007 [Stephane de Sakutin / AFP/Archives]

Des agresseurs ont attaqué un enfant albinos de six ans et lui ont coupé la main, dernier acte de violence en date contre les albinos de Tanzanie, a annoncé dimanche la police.

 

Dans ce pays d'Afrique de l'Est, les albinos sont victimes de croyances attribuant des vertus magiques à des parties de leur corps utilisées par des sorciers et des guérisseurs. Selon ces superstitions, les organes d'albinos portent bonheur aux hommes politiques, aux pécheurs ou aux chercheurs de minerais.

L'enfant, Baraka Cosmas, dormait avec sa mère dans le village de Kipenda, dans la région de Rukwa, dans le sud-ouest du pays, quand les assaillants ont surgi chez eux tard samedi soir, a raconté le chef de la police régionale, Jacob Mruanda.

 

Machettes

"Les bandits ont maîtrisé la mère de l'enfant, Prisca Shaaban, et l'ont battue violemment quand elle a refusé de leur remettre son garçon", a ajouté le policier. "Les agresseurs ont ensuite utilisé des machettes pour couper la main droite du garçon et ils se sont enfuis".

La mère et l'enfant sont actuellement hospitalisés.

 

Elections

A l'approche des élections prévues en octobre dans le pays, les attaques contre les albinos sont en hausse.

Le 2 mars, le président tanzanien Jakaya Kikwete avait promis de "prendre toutes les mesures" pour faire cesser ces attaques. Il avait alors parlé d'actes "inacceptables" qui "sont une honte pour des gens civilisés et qui croient en Dieu".

 

Peine de mort

Jeudi, un tribunal du nord de la Tanzanie a condamné à la peine de mort quatre personnes reconnues coupables du meurtre d'une albinos.

Selon un expert de l'ONU, plus de 70 albinos ont été tués depuis 2000 en Tanzanie. Un membre d'albinos se négocie autour de 600 dollars et son corps entier jusqu'à 75.000 dollars.

L'albinisme est une absence totale de pigmentation dans la peau, le système pileux et l'iris des yeux, due à des facteurs génétiques. Alors que cette maladie génétique héréditaire ne frappe qu'un Occidental sur 20.000, un Tanzanien sur 1.400 en est atteint, en raison notamment des mariages consanguins, d'après des experts.

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