"Sa proximité avec la Libye rend la Tunisie vulnérable"

Le scénario de l'attaque est encore mal connu. En plus des 19 morts, 38 personnes ont été blessées, dont quatre Français. [FETHI BELAID / AFP]

Quelques heures après l'attaque de Tunis qui a coûté la vie à 19 personnes dont deux touristes français, l'écrivain et essayiste Mohamed Salah Kasmi, auteur de "Tunisie : l'islam local face à l'islam importé" (L'Harmattan, octobre 2014), rappelle que le groupe islamiste Ansar Al Charia avait menacé mardi les intérêts tunisiens.

 

Qui pourrait être derrière l'attaque meurtrière de Tunis qui a coûté la vie à 19 personnes ? 

Ce sont probablement les terroristes d’une des mouvances djihadistes qui se refusent de limiter l’action religieuse à la prédication et font du djihad armé le cœur de son activité. Le 17 mars, un leader d’Ansar Al Charia a adressé à ses partisans un message rendu public. Il a souligné que les jours à venir seraient marqués par de "mystérieux événements". Ce qui laisse supposer que cet attentat a été planifié. Je rappelle que ce leader djihadiste a été arrêté en mai 2013 suite à l’interdiction de la tenue du congrès d’Ansar Al Charia. Le 13 juillet 2013, il a été libéré. 

 

Les autorités tunisiennes ont-elles les moyens de supporter l'éventuelle crise qui en découlera ?

Le gouvernement a renforcé les effectifs et les moyens logistiques de l’armée et des forces de l’ordre afin d’éradiquer le terrorisme. Il traque les sites internet qui publient des messages des groupes islamistes extrémistes. Par ailleurs, il intensifie les contrôles des frontières notamment avec la Libye qui sombre dans le chaos et élargit la coopération sécuritaire au niveau international. Enfin, le gouvernement actuel lutte contre les prédicateurs prêcheurs radicaux et recruteurs de djihadistes. Il a hérité d’un pays qui se trouve dans une situation économique et sécuritaire catastrophique. Sa proximité avec la Libye, rend la Tunisie vulnérable.

 

La Tunisie est-elle devenue un foyer majeur des djihadistes ?

L’émergence du phénomène djihadiste a été graduelle en Tunisie. Le laxisme et la connivence des dirigeants politiques durant la gouvernance de la troïka dirigée par les islamistes, ont engendré des actes de violence qui se sont développés petit à petit. Les assassinats politiques ont vu le jour (Chokri Belaid et Mohamed Brahmi en 2013). Cette radicalisation est la conséquence logique de l’absence d’autorité responsable pour arrêter l’expansion de l’extrémisme. Depuis l’arrivée du nouveau gouvernement, le pouvoir actuel intensifie sa lutte contre le terrorisme en démantelant de nombreuses cellules actives et dormantes. L’attaque terroriste a eu lieu pendant que les parlementaires examinaient le projet de loi portant sur la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent.

 

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