La Grèce joue son avenir

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras, le 18 février 2015.[ARIS MESSINIS / AFP]

Le gouvernement d’Alexis Tsipras s’est donné un peu d’air ces derniers jours. Engagée dans de difficiles négociations avec ses créanciers (Union européenne, Fonds monétaire international, BCE) au sujet de sa dette abyssale, la Grèce a annoncé lundi le versement, dès jeudi, de 460 millions d’euros qu’elle devait au FMI.

 

Mais les obstacles sont loin d’être tous levés, puisque ses créanciers attendent toujours du gouvernement d’Alexis ­Tsipras qu’il remette d’ici à la fin du mois une liste de réformes convaincantes à l’Eurogroupe. C’est une condition sine qua non pour espérer obtenir la dernière tranche d’aide de 7,2 milliards d’euros inscrite au plan de sauvetage de 240 milliards d’euros accordé à Athènes depuis 2010.

Et alors que la Grèce doit encore trouver quelque 13 milliards d’euros d’ici à  la fin août, le risque qu’elle se retrouve à court de liquidités plane, et le pays s’est mis en quête de nouveaux alliés pour sortir de la crise.

 

Des réformes attendues

Afin de débloquer l’aide, le gouvernement Tsipras a fourni la semaine dernière une nouvelle liste de réformes à Bruxelles, promettant de mettre en place un programme de lutte contre l’évasion fiscale. Cela pourrait, selon lui, permettre d’accroître les recettes de l’Etat de 3 milliards d’euros et de ramener un taux de croissance de 1,4 % en Grèce en 2015.

En revanche, le gouvernement, élu sur la promesse de lutter contre l’austérité, rechigne à mettre en place d’autres mesures préconisées par ses créanciers : réforme des retraites, hausse de la TVA, ou encore assouplissement des licenciements collectifs.

"Le gouvernement grec n’a pas d’autre choix que de céder sur la réforme ­fiscale, estime l’économiste Robert Rochefort, député européen et vice-président  du Modem. La situation est très serrée, et on saura en juin si la partie est ­gagnée. Si elle ne l’était pas, il serait  difficile d’imaginer pour la Grèce une ­solution à l’intérieur de la zone euro".

 

Athènes veut assurer ses arrières

Face à l’intransigeance de l’Europe, et notamment de certains pays comme l’Allemagne, la Grèce tente d’obtenir de nouveaux soutiens. Alexis Tsipras sera ainsi mardi à Moscou pour rencontrer le président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre, Dmitri Medvedev.

Selon l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, il pourrait négocier à la baisse le prix du gaz russe – qui représente 65 % de ses besoins en gaz – en échange d’un veto sur de nouvelles sanctions européennes contre Moscou, dans le dossier ukrainien.

"Tsipras fait de la politique, il veut donner à son peuple le sentiment que le pays n’est pas coincé dans l’étau de ses créanciers, estime Robert ­Rochefort. Et si la Grèce venait à sortir de la zone euro, elle aurait besoin d’alliés comme la Russie".

Après avoir rencontré à Washington la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, le ministre grec des Finances Yanis ­Varoufakis devait quant à lui s’en­tretenir lundi avec des responsables du Trésor américain. Là aussi, il s’agit d’assurer ses arrières en cas de scé­nario catastrophe. 

 

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