Népal : la crise humanitaire menace de s’étendre

Le Népal et sa capitale Katmandou, ont été dévastés samedi par un séisme d'une magnitude de 7,9. [PRAKASH MATHEMA / AFP]

Dévasté ce week-end par un violent séisme, le Népal doit désormais faire face à une situation alarmante, qui se dégrade de jour en jour.

 

Les tentes de fortune, faites de bâches en plastique, de tôles froissées ou de tissus en tout genre, ont fleuri dans ce qu’il reste des rues de Katmandou. Deux jours après le séisme de magnitude 7,8 qui a frappé leur pays, des dizaines de milliers de Népalais se retrouvent démunis.

La plupart ont tout perdu, et ceux dont les habitations tiennent encore debout préfèrent dormir dans la rue par peur d’une nouvelle réplique. Une situation qui risque de durer, voire de s’aggraver, le temps que les secours et l’aide internationale se mettent véritablement en place. Si bien que le bilan officiel, qui fait état de 4 000 morts et plus de 6 500 blessés, pourrait rapidement être revu à la hausse.

 

Une lutte contre le temps

Dimanche, des dizaines de pays ont annoncé leur soutien logistique ou financier au Népal. Des centaines d’humanitaires venus de Chine, d’Inde ou du Pakistan ont ainsi débarqué hier à Katmandou, avec des tonnes de matériel. Mais 6 à 10 millions de personnes, soit un tiers de la population, sont directement touchées. La plupart dans des régions isolées.

La tâche s’annonce donc immense. Si la priorité reste de sortir d’éventuels survivants des décombres, le sort des blessés et autres rescapés inquiète déjà. Les besoins en eau potable et en denrées de base sont pressants. Le programme alimentaire mondial de l’ONU a parlé d’une opération «massive». Parmi les plus vulnérables, se trouvent bien sûr les enfants. Selon l’Unicef, «au moins 940 000» ont «un besoin urgent» d’aide humanitaire dans la région.

«Les trois priorités sont l’accès à l’eau, l’accès à la nourriture et le soutien psychologique», explique le docteur Serge Breysse, directeur expertise et plaidoyer pour Action contre la faim, pour qui «tout se joue sur les deux à quatre premiers jours». Des premières heures cruciales également pour limiter la propagation des maladies (choléra, paludisme…), rendue inévitable par le manque d’eau potable, la destruction des installations sanitaires et la présence de cadavres à l’air libre.

 

Toute une économie dévastée

Si la catastrophe est avant tout humaine, ce séisme bouleverse aussi le Népal sur le plan économique. Déjà parmi les pays les plus pauvres de la planète (168e sur 184, selon le dernier rapport du FMI), il pourrait avoir du mal à se remettre de ce drame. «Le coût à long terme de la reconstruction du Népal […] pourrait dépasser 5 milliards de dollars, soit environ 20 % du PIB annuel», estime Rajiv Biswas, chef économiste pour l’Asie-Pacifique du cabinet IHS. Outre l’aide internationale (plusieurs dizaines de millions d’euros ont été promis à travers le monde), le Népal comptera sur le tourisme. Près de 800 000 visiteurs étrangers ont visité le pays en 2013.

Mais, là encore, il repart de zéro. La tour Dharahara, une des attractions touristiques majeures de la capitale, a été réduite à l’état de ruines et l’Everest, touché par une avalanche meurtrière, ne devrait pas accueillir d’alpinistes dans l’immédiat. Un coup dur de plus pour le Népal, dont 50 % du PIB provient du secteur des services.

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