Viols : la Centrafrique va engager des poursuites

Un soldat de l'opération Sangaris.[MARCO LONGARI / AFP]

La Centrafrique va engager des "poursuites" contre des militaires français soupçonnés de viol d'enfants à Bangui, a déclaré mercredi à l'AFP le ministre de la Justice Aristide Sokambi, lors de la première réaction officielle du gouvernement centrafricain à ce sujet.

 

"Des poursuites vont être engagées (...) c'est quand même des actes très graves (...) J'insiste sur le fait qu'il ne faut pas d'amalgame, ce n'est pas Sangaris, ce n'est pas la France. C'est des individus, c'est des militaires et c'est contre ceux-là que nous nous insurgeons", a affirmé le ministre à propos des accusations de viols sur mineurs commis en 2014 dans un camp de déplacés, situé près de l'aéroport M'Poko et du camp de l'opération militaire française Sangaris.

"Nous déplorions le fait de ne pas avoir été associé à ces investigations alors que nous avons des accords de coopération avec la France. Donc, j'ai instruit le procureur de la République pour ouvrir une enquête, puis essayer de prendre les éléments qui sont déjà à la disposition de la partie française" afin de suivre "cette affaire qui est en fait extrêmement grave", a-t-il précisé. Le ministre a regretté que son pays n'ait pas été alerté par la partie française. "Le pays aurait dû être associé parce que tel que les accords le prévoient, nous devons ensemble faire les investigations", a-t-il dit, avant de conclure: "mais je pense que le plus important" est "que la vérité soit faite sur cette affaire".

Selon une source judiciaire française, 14 soldats français sont mis en cause dans cette affaire potentiellement désastreuse pour l'image de la France et de son armée en Afrique, dont certains, "très peu" selon cette source, ont été identifiés par l'enquête, ouverte en France fin juillet 2014 et toujours en cours.

 

Vous aimerez aussi

Russie Les journalistes tués en Centrafrique cibles d'une embuscade, selon l'organisation de l'opposant Khodorkovski
Centrafrique [AFP   / AFP]
Liberté de la presse Journalistes assassinés en Centrafrique : RSF réclame une enquête «sérieuse et approfondie»
Le chef de groupe armé Nimery Matar Jamous, alias Force, à Bangui le 9 avril 2018 [FLORENT VERGNES / AFP]
Centrafrique Au moins 16 morts lors de violences à Bangui

Ailleurs sur le web

Derniers articles