Macédoine : les violences du week-end inquiètent l'UE

La police macédonienne a rétabli l'ordre dans les rues de la deuxième ville du pays, Kumanovo. [TOMISLAV GEORGIEV / AFP]

Ce week-end, Kumanovo, deuxième ville de Macédoine, a été attaquée par un groupe armé de rebelles albanais. Les affrontements ont fait 22 morts. L'Union européenne s'est dite "fortement préoccupée par la situation."

 

Si le gouvernement macédonien, assure avoir repris le contrôle de la situation après les violences de ce week-end, dans le nord du pays, le petit État de 2.1 millions d'habitants accuse un lourd bilan avec 22 morts. Selon la police macédonienne, les assaillants constitueraient un groupe d'une trentaine d'hommes, majoritairement des macédoniens d'origine albanaise, et n'auraient énoncé aucune revendication.

Ces violences interviennent quelques semaines après l'attaque, le 20 avril, d'un poste de police par un groupe armé de 40 hommes venus d'Albanie. Ils réclamaient la création d'un État albanais sur le sol macédonien. Lundi, 30 personnes arrêtées en marge de ces combats ont été inculpées de "terrorisme".

 

 

Un contexte instable

Le pays est plongé depuis janvier 2015, dans une crise politique sans précédent. En effet, le parti d'opposition social-démocrate a révélé il y a quatre mois des enregistrements qui dévoilent des actes de corruption du Premier ministre Greuvski, et du chef des services secrets, Nikola Mijalkov.

Le gouvernement de Skopje contrôlerait la justice et les médias et aurait tenté de masquer la responsabilité de la police dans le meurtre d'un étudiant en 2011. Depuis ces divulgations, de nombreuses manifestations ont lieu chaque semaine. Les contacts diplomatiques entre la Macédoine et l'Union européenne se font d'ailleurs de plus en plus rares, et le pays s'est rapproché diplomatiquement de Moscou.  

 

Islam radical

De plus, le pays est en proie au radicalisme musulman. La quatrième communauté musulmane d'Europe (avec 33% de macédoniens musulmans) a perdu le contrôle de la plupart de ses mosquées où officient des prédicateurs radicaux. Si en 2005, les accords d'Ohrid, promettaient une stabilité entre la communauté majoritaire, slave orthodoxe et la communauté musulmane, il semblerait que ces deux groupes n'ont cessé de s'éloigner.

Pour sa part, l'Union européenne, s'est dite "inquiète de la situation" et souhaite éviter " toute escalade de la violence". L'Otan a émis les mêmes craintes en appelant "à la retenue dans l'intérêt du pays et de l'ensemble de la région".  

 

Vous aimerez aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles