Burundi : le Conseil de sécurité de l'ONU condamne la tentative de coup d'Etat

Les forces de l'ordre dispersent la foule, le 13 mai 2015, à Bujumbura, au Burundi.[Jennifer Huxta / AFP]

Le Conseil de sécurité de l'ONU a comdamné jeudi la tentative de coup d'Etat au Burundi et a appelé au calme ainsi qu'à des "élections crédibles", à l'issue de consultations à huis clos.

 

Les 15 membres du Conseil "condamnent (..) ceux qui cherchent à s'emparer du pouvoir par des moyens illégaux", a déclaré la présidente du Conseil dans une allusion implicite à la tentative de coup.

Mais dans la même phrase, le Conseil a condamné aussi "ceux qui facilitent la violence, quelle qu'elle soit, contre les civils", ce qui peut être interprété comme une critique des partisans du président sortant Pierre Nkurunziza.

Cette formulation alambiquée reflète les divisions au sein du Conseil, selon des diplomates. Le Conseil n'a pas réussi jusqu'à présent à prendre une position claire sur la question de la légitimité d'un troisième mandat du président sortant, au centre de cette crise.

Toujours selon la déclaration lue par sa présidente, l'ambassadrice lituanienne Raimonda Murmokaité, le Conseil "demande à toutes les parties de ne pas recourir à la violence" et il réclame un "retour rapide à la loi, à l'ordre et la tenue d'élections crédibles dans l'esprit de l'accord d'Arusha".

 

La paix et la sécurité menacées

Le Conseil agite une menace voilée de sanctions contre les fauteurs de troubles en "exprimant son intention de répondre aux actes de violence au Burundi qui menacent la paix et la sécurité".

Les membres du Conseil ont enfin réitéré leur "plein soutien" aux efforts de médiation de l'envoyé spécial de l'ONU Saïd Djinnit, qui leur a fait un exposé de la situation par vidéoconférence depuis Nairobi.

Selon l'ambassadrice lituanienne, l'impression donnée par M. Djinnit est que "la situation sur le terrain est peu claire et que des signaux contradictoires sont lancés" par les protagonistes.

M. Djinnit a souligné qu'il était encore prématuré de prédire le succès ou l'échec du coup d'Etat et qu'on ne savait "pas encore clairement" où se trouve le président burundais, selon des diplomates.

Cité par un diplomate, M. Djinnit a dit qu'il n'y a "pas de composantes ethniques pour l'instant dans les violences" en cours, malgré les craintes d'affrontements possibles entre Hutus et Tutsis.

Il a jugé la situation "globalement calme" en dehors de la capitale.

Il a évoqué l'éventualité d'une prochaine "réunion ministérielle" de la Communauté d'Afrique de l'Est, dont le but serait "d'affirmer fermement que la violence doit cesser et qu'une escalade serait inacceptable".

M. Djinnit estime aussi que la question d'un troisième mandat du président burundais sortant "a créé des divisions au sein du parti au pouvoir".

L'émissaire de l'ONU va tenter de regagner Bujumbura depuis Nairobi dès que possible, a indiqué l'ONU.

Cette réunion d'urgence du Conseil avait été convoquée à la demande de la France.

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