Les migrants font débat

L'Europe cherche des solutions pour endiguer l’afflux de migrants

Face aux milliers de personnes qui débarquent chaque mois sur le continent, les pays européens sont tiraillés entre solidarité et fermeté.

 

C’est un ballet quotidien qui s’opère au large de l’Italie. Celui des garde-côtes transalpins venus secourir les embarcations précaires de migrants venus d’Afrique. Libyens, Erythréens, Syriens, Nigérians… Depuis le début de l’année, plus de 35.000 migrants ont débarqué sur les côtes européennes, mais près de 1.800 ont perdu la vie lors du voyage. Un bilan qui représente déjà plus de la moitié des 3.300 décès enregistrés sur toute l’année 2014. Face à ces vagues quotidiennes et aux drames qui les accompagnent, les pays européens semblent impuissants. Mais ils restent déterminés à agir.

 

Des quotas qui déplaisent

La semaine dernière, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a présenté son plan d’action pour une nouvelle politique migratoire. Proposition phare, la mise en place de "quotas de migrants" imposés aux pays membres, selon des critères clairs : PIB, nombre d’habitants, de demandeurs d’asile accueillis depuis 2010, taux de chômage, etc.

Cette solidarité "forcée", imaginée pour soulager les pays du Sud qui sont en première ligne, a pourtant été mal accueillie par une majorité du continent, de la Grande-Bretagne à la Hongrie. Beaucoup considèrent que cela encouragerait encore davantage les migrants à tenter la traversée de la Méditerranée, étant quasi assurés de faire partie des quotas. Samedi, Manuel Valls a lui aussi fait part de son opposition. S’il a plaidé pour une répartition "plus équitable" des réfugiés par pays, le Premier ministre a annoncé la réforme de la politique d’asile de la France "pour la rendre plus efficace". Le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, s’est quant à lui prononcé pour la mise en œuvre d’un "Schengen 2" définissant "les conditions de la solidarité". Ce, alors que 62 % des Français sont favorables à l’instauration de quotas, selon un sondage BVA.

Cette différence de point de vue en France illustre la difficulté de trouver un consensus européen sur l’accueil des réfugiés. Les membres de l’UE se sont toutefois mis d’accord sur l’importance de s’attaquer aux trafiquants.

 

Les trafiquants dans le viseur

Ce lundi, le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE devrait revenir sur l’opération maritime imaginée pour mettre à mal les filières d’immigration. Si la mise en place de cette opération devrait avoir lieu en juin, lors d’un sommet des chefs d’Etat européens à Bruxelles, il reste à en déterminer les contours. Le but : «Détruire le “business model“» des passeurs en capturant ou en détruisant leurs embarcations. Une stratégie qui nécessite l’appui de l’ONU pour être pleinement efficace.

Sans ce feu vert, les Européens ne pourraient intervenir que dans les eaux internationales (et non libyennes) et ne pourraient arraisonner que les bateaux ne battant aucun pavillon. En attendant, les autorités devraient se concentrer sur la collecte de renseignements concernant ces organisations criminelles. Des mesures qui permettraient de réduire l’afflux de migrants sur le continent, mais qui ne les empêcheront hélas pas de vouloir quitter leurs pays en guerre.

 

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