Vers la faillite de Damas ?

L'ancien oasis de Palmyre.[JOSEPH EID / AFP]

La Syrie telle qu’on l’a connue n’est plus qu’un lointain souvenir. En s’emparant mercredi de la ville stratégique de Palmyre, Daesh a accentué son emprise sur le pays. Avec les territoires contrôlés par le Front al-Nosra (la branche syrienne d’al-Qaida), allié à différentes factions de rebelles islamistes, c’est plus de la moitié du pays qui échappe désormais au régime de Damas.

 

Il y a moins d’un mois, le Front al-Nosra avait pris le contrôle de la quasi-totalité de la ville de Jisr al-Choghour, située dans la province d’Idleb (nord-ouest). Une prise hautement stratégique, là encore, puisque la cité est ­située non loin de la frontière turque et de la province de Lattaquié, fief du président syrien Bachar al-Assad. Ce dernier apparaît ainsi de plus en plus acculé, dans une zone s’étendant de Damas à Hama.

 

Les forces syriennes affaiblies

Après avoir repris du terrain l’année dernière, le régime syrien a donc enregistré une importante série de revers ces derniers mois. Et les forces syriennes, épuisées par quatre ans de combats, ne semblent pas en mesure d’inverser la tendance. Le pays apparaît désormais morcelé, avec des zones contrôlées par Daesh au Nord et à l’Est, les rebelles alliés au Front al-Nosra à l’Ouest, ainsi que les Kurdes au Nord. En revanche, la perspective de voir Damas tomber aux mains des jihadistes ne semble toutefois pas d’actualité.

«Le régime va essayer en priorité de garder l’axe routier entre Damas et la côte, qui constitue son fief, analyse Wassim Nasr, spécialiste des mouvements jihadistes. Mais ce n’est pas pour autant qu’il risque de chuter. Car les jihadistes, et notamment Daesh, ne sont en mesure de contrôler que les zones sunnites, où ils peuvent compter sur le soutien des populations». Une situation similaire à celle de l’Irak, où les combattants de Daesh ont peu d’espoir de prendre Bagdad, puisqu’environ 60 % des habitants sont de confession chiite.

 

Le soutien de l’Iran

Pour espérer se maintenir, le régime de Damas peut également compter sur un allié de poids, l’Iran. Bachar al-Assad s’en était d’ailleurs félicité cette semaine, qualifiant ce soutien de «pilier important» dans la guerre contre les rebelles. L’Iran a ainsi aidé le régime syrien à former une milice pro-Assad, composée d’environ 50 000 combattants syriens de confession chiite ou alaouite (à laquelle appartient Bachar al-Assad). Il lui a aussi fourni du matériel militaire ou encore des moyens de surveillance des télécommunications.

«Les Iraniens ne lâcheront pas Bachar al-Assad, estime Wassim Nasr. Il s’agit d’une alliance solide, qui remonte au père du président syrien, Hafez al-Assad, qui avait aidé l’Iran face à l’Irak de Saddam Hussein, à partir de 1979». Depuis, la Syrie constitue une pièce essentielle aux yeux de Téhéran dans la lutte d’influence qui oppose les puissances de la région, notamment l’Arabie Saoudite. En revanche, il semble exclu que les Occidentaux reviennent sur leur position pour venir en aide à Bachar al-Assad, d’autant qu’une telle option ne ferait qu’alimenter la propagande jihadiste.

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