Tunis : une fusillade dans une caserne fait au moins huit morts

Un militaire tunisien a ouvert le feu sur ses camarades. La piste terroriste est écartée (Image d'illustration).[FETHI BELAID / AFP]

Un militaire tunisien a été abattu lundi après qu'il a ouvert le feu sur des camarades dans une caserne du quartier du Bardo de Tunis, ont indiqué les autorités  qui ont exclu la piste "terroriste". Sept personnes ont trouvé la mort.

 

La fusillade "a causé les décès de sept militaires et la mort de l'auteur. Dix militaires ont été blessés, un étant dans un état grave", a dit le porte-parole du ministère de la Défense, Belhassen Oueslati, lors d'une conférence de presse. "Les forces militaires ont maîtrisé la situation après avoir tiré sur le soldat", a-t-il expliqué. M. Oueslati.

Sans exclure totalement une opération terroriste, les premiers éléments de l’enquête poussaient les autorités à privilégier la piste d’un «acte isolé». Le militaire incriminé avait en effet des problèmes familiaux et psychologiques, ont indiqué les autorités. Ces antécédents avaient mené ces supérieurs à  l’interdire de port d’armes et à le transférer à «un poste non sensible». 

Brigade antiterroriste et police déployées

Vers 08H45 locale (07H45 GMT), une journaliste de l'AFP a entendu deux rafales près de la caserne de Bouchoucha, située au Bardo, non loin du Parlement et du musée qui avait été visé mi-mars par une attaque revendiquée par le groupe Etat islamique ayant fait 22 morts dont 21 touristes.  Peu après, un journaliste de l'AFP a vu une ambulance sortir sirène hurlante de la caserne de l'armée nationale. La Brigade antiterroriste (BAT), unité d'élite du ministère de l'Intérieur, a été déployée sur les lieux, selon un photographe de l'AFP.

Des policiers avec des chiens patrouillaient dans ce quartier résidentiel où se trouvent deux autres casernes de la police. Ils inspectaient notamment les véhicules garés à proximité, selon la même source. 

 

Menace djihadiste

La Tunisie est sur le qui-vive depuis l'attentat contre le musée du Bardo commis par deux jeunes jihadistes tunisiens, de craintes de nouvelles attaques dans la capitale et dans les zones touristiques du pays. Depuis la révolution de janvier 2011, le pays fait face à l'essor d'une mouvance jihadiste armée, en particulier à la frontière avec l'Algérie où des heurts réguliers ont lieu entre hommes armés et militaires. Quelque 70 soldats et policiers ont été tués ces quatre dernières années dans des affrontements et des embuscades.

Par ailleurs, la Tunisie est confrontée aussi au chaos grandissant en Libye voisine où des groupes armés s'affrontent depuis des mois, permettant notamment l'émergence de EI dans ce pays. Ainsi, les deux assaillants du musée du Bardo avaient été formés aux armes en Libye. 

 

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