Cameron met la pression pour réformer l'UE

[Leon Neal / AFP/Archives]

En tournée en Europe, le Premier ministre cherche des soutiens auprès de ses homologues pour réformer l’UE. Le «Brexit» est en jeu.

 

En mars, David Cameron se comparait à Tom Cruise, tant la mission qu’il s’est fixée s’annonce «impossible». Le Premier ministre britannique s’est donné comme objectif de réformer l’Union européenne sur plusieurs points (immigration, économie, etc.).

En quête de soutiens, il a décidé de s’entretenir avec chaque chef d’Etat ou de gouvernement de ses 27 partenaires avant le Conseil européen des 25 et 26 juin prochains. Dès ce soir, il s’envole donc pour le Danemark, avant de passer par les Pays-Bas, la France, la Pologne et l’Allemagne.

Face à ses homologues, Cameron compte mettre en avant la légitimité que lui confère son triomphe aux dernières législatives, le 7 mai. Surtout, il possède un moyen de pression des plus menaçants : une sortie de l’UE de la Grande-Bretagne.

 

Les volontés de Cameron

S’il a promis l’organisation d’un référendum avant 2017, David Cameron est de son côté favorable au maintien de son pays dans l’Union européenne. Mais une union réformée.

Si ses revendications restent encore vagues, il aspire notamment à renforcer les pouvoirs du Parlement britannique et à durcir les conditions de circulation et d’accès aux aides sociales pour les ressortissants de l’UE, particulièrement ceux en provenance des pays de l’Est.  La politique agricole commune (PAC) ainsi que la politique énergétique font également partie des points de négociations mis en avant par le Premier ministre. 

Mais la Commission européenne a d’ores et déjà tracé une ligne rouge infranchissable. «Les quatre libertés fondamentales [libre circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services] ne sont pas négociables, car elles sont l’essence de l’Union européenne», a fait savoir son porte-parole, Margaritis Schinas. On voit donc mal comment David Cameron pourrait convaincre ses partenaires en si peu de temps, et éviter la tenue d’une consultation populaire.

 

Un «Brexit» qui fait peur

L’issue d’un référendum est encore loin d’être connue, mais les spécialistes de tous bords anticipent les conséquences d’un «Brexit» (pour «British exit»). Selon le centre de réflexion Open Europe, le pays verrait son produit intérieur brut (PIB) amputé de façon permanente de 2,23 % d’ici à 2030. Seule une dérégulation très poussée de son économie pourrait inverser la tendance.

Les partenaires de Londres seraient aussi perdants. L’Irlande pourrait être la plus touchée avec un différentiel compris entre 0,8 % et 2,7 % de son PIB par habitant d’ici à 2030. En outre, les entreprises britanniques ont alerté sur le risque de perte d’attractivité de la place financière londonienne.

Mais les conséquences devraient également se faire sentir sur la scène diplomatique. Le Royaume-Uni se retrouverait isolé sur le continent et pèserait peu face à un axe franco-allemand renforcé. Un isolement qui pourrait avoir une conséquence interne, en poussant l’Ecosse à réaffirmer ses désirs d’indépendance. Et ainsi conduire à un «royaume désuni».

 

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