La pression pour le climat

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A six mois de la conférence mondiale de Paris, les pourparlers sur le climat entrent ce lundi dans une phase clé, lors d’une réunion à Bonn.

 

Comment limiter le réchauffement climatique en dessous des 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, comme le préconise le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) ? C’est la question à laquelle la communauté internationale devra répondre en décembre prochain, lors de la COP21. Six mois avant de se rendre à Paris, les négociateurs des 195 pays de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques se retrouvent lundi à Bonn (Allemagne) pour une session de dix jours censée ouvrir la voie à un accord historique. Des discussions cruciales, puisque les différents acteurs ne se retrouveront que deux fois avant le mois de décembre.

 

Un rendez-vous primordial

Si tous les négociateurs partagent le même objectif de diminution des températures d’ici à la fin du siècle, les moyens d’y arriver sont presque aussi nombreux que le nombre de participants. La session qui s’ouvre aujourd’hui à Bonn, jusqu’au 11 juin, devrait donc aboutir à de vraies décisions communes. Pour cela, les différents acteurs se fonderont sur un projet de texte accepté par tous en février dernier, précisant les axes de travail : l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’aide à l’adaptation au changement climatique ou encore la répartition de l’effort entre pays riches et en voie de développement.

En Allemagne, les 195 pays pourraient décider d’engagements plus concrets comme un objectif zéro émission ou une neutralité carbone. Les pays pourraient également se voir confier des objectifs différents, adaptés à leur profil. Réduction des émissions de gaz à effet de serre quantifiée pour certains, programmes d’actions moins rigides pour d’autres. Enfin, la forme juridique du futur accord devrait être définie. Celui-ci aura pour but d’établir les modalités de contrôle des différents engagements et leur caractère contraignant ou pas.

 

Des obstacles encore présents

Ce dernier point fait partie des nombreux obstacles qui se dressent sur la route de l’accord. Certains pays, parmi lesquels la Chine, estiment qu’un quelconque contrôle de leurs engagements porterait atteinte à leur souveraineté. Pays le plus pollueur du monde, l’empire du Milieu mène d’ailleurs le groupe des pays émergents qui ralentissent les négociations. Ils estiment en effet que ces engagements auraient un poids trop important pour leur développement et leur croissance. Ils regrettent de ne pas profiter de la même impunité, qui a permis durant des années aux grandes puissances de se développer.

Autre problématique, la question de l’aide aux pays en voie de développement. Malgré toute leur bonne volonté écologique, ceux-ci assurent qu’ils n’ont pas les moyens pour combattre le réchauffement. Ils souhaitent donc officiellement inscrire dans le futur accord l’adaptation au changement climatique (infrastructures, agriculture, systèmes de santé). Une adaptation dont le coût pourrait, selon certaines estimations, atteindre les 500 milliards de dollars (environ 450 milliards d’euros) d’ici à 2050.

 

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