Bruxelles s'engage à limiter l'expérimentation animale

Le vice-président de la Commission chargé de la Croissance, Jyrki Katainen.[EMMANUEL DUNAND / AFP]

La Commission européenne s'est engagée mercredi à agir pour limiter davantage l'usage de l'expérimentation animale dans l'UE, mais a jugé "prématuré" de la bannir comme le demande une Initiative citoyenne de 1,1 million d'Européens baptisée "Stop vivisection".

 

"La Commission partage la conviction que l'expérimentation animale doit être progressivement supprimée en Europe, mais son approche pour atteindre cet objectif diffère de celle proposée par l'Initiative citoyenne européenne" (ICE), a-t-elle indiqué dans un communiqué. 

"Grâce à des avances technologiques majeures, l'Europe réduit l'usage de l'expérimentation animale, mais une interdiction complète de la recherche sur les animaux en Europe serait prématurée et risquerait de faire fuir la recherche biomédicale hors d'Europe", a relevé le vice-président de la Commission chargé de la Croissance, Jyrki Katainen.

 

Accélerer les progrès

Selon la Commission, la directive régissant les tests sur animaux dans l'UE vise déjà à leur suppression à terme, raison pour laquelle elle exclut de l'"abroger". C'est pourtant ce que demandait l'ICE, officiellement déposée à Bruxelles en mars. Ils réclamaient que la Commission légifère pour "mettre fin définitivement à l'expérimentation animale et rendre obligatoire, pour la recherche biomédicale et toxicologique, l'utilisation de données spécifiques pour l'espèce humaine, au lieu de données issues de l'animal".

La Commission convient toutefois "de la nécessité d'accélérer les progrès pour remplacer, réduire et affiner le recours aux tests animaux". L'exécutif européen précise qu'en conséquence, il "passera en revue" en temps voulu le cadre réglementaire, pour vérifier son efficacité, et organisera une conférence engageant scientifiques et parties prenantes sur la question en 2016.

 

Des recherches possibles pour le cancer

Datant de 2010, la législation en vigueur limite et encadre le recours aux animaux à des fins expérimentales, prévoyant notamment que les tests sur animaux soient remplacés dans la mesure du possible par une méthode de substitution et prônant que "la douleur et la souffrance infligées aux animaux soient réduites au minimum".

Mais l'utilisation d'animaux reste possible pour faire avancer la recherche sur l'homme, les animaux et les maladies, comme les cancers, les scléroses multiples ou les maladie d'Alzheimer et de Parkinson. Selon des chiffres publiés par la Commission en 2011, quelque 11,5 millions d'animaux avaient été soumis à des tests en 2011 à des fins scientifiques. 

 

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