Le psychodrame grec s'invite au G7 en Bavière

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras. [ARIS MESSINIS/AFP]

Le psychodrame grec va occuper les esprits et une bonne partie des discussions au sommet du G7 en Allemagne qui démarre ce dimanche, alors que les négociations entre Athènes et ses créanciers pour éviter au pays la faillite piétinent.

 

Avant de recevoir le reste de ses prestigieux invités au château d'Elmau, niché dans un décor de carte postale dans les Alpes bavaroises, la chancelière allemande Angela Merkel devait s'entretenir en tête-à-tête avec le président américain Barack Obama.

Dans la matinée, une douzaine de manifestants bloquaient la route d'accès au château, brandissant un panneau qui disait: "Nous ne voyons ici qu'intimidation, isolement et arbitraire". "Vous n'êtes que sept, nous sommes les autres 99%", s'est indigné une manifestante.

 

Service de sécurité

Plus de 22.000 policiers sont mobilisés autour du G7. Samedi une manifestation dans la ville de Garmisch-Partenkirchen a réuni près de 4.000 militants pacifistes anticapitalistes largement dans le calme.

Dans le ciel bleu immaculé, un ballet incessant d'hélicoptères amenait délégations et journalistes vers le château d'Elmau et vers le village de Krün, où Mme Merkel et M. Obama arrivaient en fin de matinée, reçus par les habitants, dans une atmosphère de fête avec bière et bretzels. Depuis tôt le matin, les villageois, beaucoup en costume traditionnel bavarois, s'affairaient aux préparatifs.

M. Obama entend insister auprès de ses interlocuteurs européens sur la nécessité de maintenir les sanctions contre la Russie, grande absente de ce sommet, accusée de soutenir la rébellion dans l'est séparatiste de l'Ukraine.

 

Dossier enlisé

A 09H00 GMT, avant le début officiel du sommet qui réunit les dirigeants allemand, américain, canadien, britannique, français, italien et japonais, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et celui du Conseil européen Donald Tusk devaient se soumettre aux questions des journalistes. M. Juncker est un acteur clé du dossier grec, toujours enlisé en dépit d'âpres négociations cette semaine.

Faute d'avancées, le patron de la Commission a refusé samedi de prendre au téléphone le Premier ministre grec, Alexis Tsipras. Celui-ci s'est en revanche entretenu avec Mme Merkel et le président français François Hollande en fin de journée.

La Grèce négocie depuis février avec la Commission européenne, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque centrale européenne (BCE) pour obtenir plusieurs milliards d'euros d'aides, dont elle a un besoin pressant notamment pour honorer des remboursements imminents, alors que ses caisses sont vides. Derrière la menace de défaut de paiement se profile celle d'une éviction de la zone euro.

Beaucoup des engagements de réformes que les institutions réclament à M. Tsipras vont à l'encontre de ses promesses électorales antiaustérité, et toute une aile de son parti de gauche radicale Syriza s'insurge contre de trop importantes concessions.

Ces derniers jours, propositions grecques et contre-propositions des institutions ont fait la navette, les dernières se voyant qualifiées d'"absurdes" par M. Tsipras, tandis que dans le camp de l'ex-"troïka" se faisait jour "lassitude" et "déception", selon une source européenne.

Les Etats-Unis s'inquiètent du risque que fait peser la Grèce sur une économie mondiale fragile, et appellent instamment les Européens à ne pas prendre inconsidérément le risque d'un "Grexit". Une autre actrice clé du dossier, la directrice générale du FMI Christine Lagarde, sera de la partie au Château d'Elmau lundi. 

 

L'Ukraine, autre trouble-fête

Ce sont bien d'autres sujets que la présidence allemande avait mis à l'ordre du jour du sommet, au premier chef le climat, sur lequel l'Allemagne et la France aimeraient pouvoir envoyer un signal fort en direction de la conférence de Paris en décembre, sous forme d'engagements sur des réductions d'émissions de gaz à effet de serre.

Mais comme à l'habitude l'actualité va venir jouer les trouble-fête. Outre la Grèce, la situation en Ukraine, où les combats ont repris ces derniers jours, sera longuement évoquée. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a fait escale à Kiev samedi, et s'est engagé, lors de sa présidence du G7, qui fera suite à celle de l'Allemagne, à faire "tout son possible pour trouver une solution pacifique" au conflit.

Le G7, réuni pour la deuxième année consécutive sans le président russe Vladimir Poutine, exclu du groupe depuis l'invasion de la Crimée en mars 2014, devrait appeler fermement au respect des accords de Minsk, feuille de route vers la paix sur laquelle les parties s'étaient mises d'accord en février dernier.

 

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