En Amérique du Sud, le pape en terrain connu

En Equateur, les habitants ont affiché bien haut des centaines de banderoles de bienvenue en son honneur.[VLADIMIR RODAS / AFP]

En tournée sur son continent d’origine, le pape François fait la joie de millions de fidèles et poursuit sa lutte contre les inégalités.

 

Equatoriens, Colombiens, Argentins… Ils étaient près de trois millions, mardi, à Quito (Equateur), à assister à la messe du pape François. Certains avaient fait plus de 1 500 km pour voir le premier pape sud-américain, celui qu’ils considèrent comme "leur" souverain pontife. Arrivé dimanche sur le continent, pour une tournée de huit jours qui doit le mener de l’Equateur au Paraguay, en passant par la Bolivie, François est dans son élément.

Car ces trois pays, qu’il a lui-même choisi de visiter, lui permettent d’opérer un véritable retour aux sources. A eux seuls, ils illustrent la philosophie du souverain pontife. Petites nations, face aux géants  argentin et brésilien, ils sont les "faibles" et les "laissés-pour-compte" que François s’efforce de soutenir depuis le début de son pontificat.

 

Un peuple acquis à sa cause

"Mon désir est d’être parmi vous, de partager vos préoccupations, de vous manifester mon affection et ma proximité et aussi de me réjouir avec vous», assurait-il la semaine dernière. Avant de partir pour l’Amérique du Sud, François ne cachait pas son plaisir de retrouver son continent. Il a d’ailleurs abandonné l’italien dès sa montée dans l’avion, pour utiliser sa langue natale, l’espagnol.

Et si l’homme se sent naturellement chez lui, le chef religieux est également en terrain conquis. L’Amérique latine héberge en effet la majorité des 1,2 milliard de catholiques de la planète. Même si le Vatican s’inquiète de la percée de plus en plus importante des cultes évangélistes, l’Equateur, le Paraguay et la Bolivie comptent en moyenne 80 % de catholiques.

Pour la première partie de son périple, en Equateur, sa popularité a d’ailleurs pu s’observer jusque sur les murs des maisons, repeints à neuf pour l’occasion. Les habitants, qui attendaient la venue d’un pape depuis trente ans (Jean-Paul II était venu en 1985) avaient affiché bien haut des centaines de banderoles de bienvenue en son honneur.

 

Le pape des pauvres

Outre le fait de retrouver ses racines, François profite aussi de ce voyage pour remplir sa mission de défenseur des opprimés. "Je viens pour apporter la tendresse et la caresse de Dieu […] aux victimes de la culture du rejet", a-t-il affirmé dans un message vidéo avant de partir.

Et son agenda illustre bien ce souhait. Ainsi, en Equateur, sa liturgie devait intégrer les langues des Indiens quechuas, aymaras et guaranis, des peuples longtemps ostracisés par les différents gouvernements. Il a également assisté à une rencontre internationale de mouvements populaires et donné une messe à quelques encablures des quartiers pauvres de Guayaquil. 

A Palmasola, en Bolivie, il doit rencontrer les prisonniers d’une des plus dangereuses prisons du continent, où des affrontements avaient provoqué la mort de 35 prisonniers en 2013. Et ce quelques semaines après la publication de son encyclique Laudato Si’, qui appelle à la défense des pauvres et de l’environnement, à une juste répartition des richesses et à une "justice sociale". Autant de prises de position qui illustrent la ligne de son pontificat depuis deux ans.

 

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