Grèce : l'épilogue enfin en vue ?

Alexis Tsipras et le président de la BCE, Mario Draghi. [JOHN THYS / AFP]

Athènes devait présenter un nouveau plan de réformes à ses créanciers, qui devront décider de poursuivre ou non les négociations.

 

Le compte à rebours a commencé. Après de longues semaines de négociations et de crises à répé­tition, la Grèce devrait être fixée ­dimanche sur son avenir immédiat. Le Premier ministre Alexis Tsipras avait jusqu’à hier soir, ­minuit, pour faire de nouvelles pro­positions de réformes aux dirigeants européens. Ces derniers ont désormais jusqu’à dimanche pour les étudier, et ainsi déterminer si elles sont ­suf­fisantes pour continuer à soutenir la Grèce et entamer de nouvelles ­négociations. Trois scénarios sont dé­sor­mais envisageables.

 

SCÉNARIO N° 1 : Un accord est trouvé

Si le pessimisme est de mise depuis le «non» grec au plan d’aide proposé par les créanciers d’Athènes, une sortie par le haut est encore possible. Il faudrait pour cela que les propositions que devait faire hier Alexis Tsipras soient perçues comme suffisamment convaincantes.Il était notamment attendu sur les hausses d’impôts et les réformes des retraites et du marché du travail.

En échange, les Européens devront vraisemblablement se résoudre à restructurer la dette grecque, considérée comme insoutenable par les économistes. Mais si cette solution permettrait à la Grèce de se maintenir dans la zone euro, comme le souhaitent la majorité des Grecs, elle ne réglerait pas ­définitivement les problèmes. «La Grèce va retrouver de l’oxygène, mais le problème se reposera à moyen terme, dans trois ou quatre mois, ­estime Marc Touati, auteur de Guérir la France : la thérapie de choc (éd. du Moment). Et cela pourrait inciter d’autres pays comme l’Espagne, ou Podemos gagne du terrain, à revendiquer un effacement de leur dette, ce qui mettrait la zone euro en danger».

 

SCÉNARIO N° 2 : Un «Grexit» négocié

Si Alexis Tsipras ne parvenait pas à convaincre ses partenaires, le «Grexit» semblerait inévitable. Alors que l’ul­timatum des dirigeants européens, réclamant un accord pour dimanche, traduit leur exaspération face au gou­vernement Syriza, la rupture pourrait être consommée. Insolvable, la Grèce serait condamnée à sortir de la zone euro.

Mais le «Grexit» pourrait se faire de manière progressive, avec un maintien de l’aide de la BCE aux banques grecques durant cette période. Pour ­certains économistes, le retour à la drachme pourrait même aider la Grèce à sortir la tête de l’eau, en lui permettant de dévaluer sa monnaie.

 

SCÉNARIO N° 3 : Le «Grexident»

Dans le pire des cas, les discussions entre Athènes et ses créanciers seraient rompues, et la BCE couperait les vivres à la Grèce. «Du jour au lendemain, le pays ferait faillite, et une partie des dépôts dans les banques devraient être supprimés, ce qui serait dramatique pour le peuple grec, anticipe Marc Touati. On pourrait s’attendre à des émeutes, voire à une guerre civile». Incapable de rembourser, la Grèce serait expulsée de la zone euro, ce que certains qualifient de «Grexident» (l’accident sur la Grèce). 

 

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