Nucléaire iranien : une "erreur historique" pour Israël

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a dénoncé une "erreur historique" au sujet de l'accord sur le nucléaire iranien conclu le 14 juillet 2015 et a prévenu que son pays saurait "toujours se défendre". [Gali Tibbon / AFP/ Archives]

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mardi que son pays n'était pas lié par l'accord historique conclu sur le nucléaire iranien, dénonçant une "erreur historique" et a prévenu qu'Israël saurait "toujours se défendre".

 

Lors d'une brève allocution en anglais devant la presse, M. Netanyahu a semblé remettre sur la table l'option militaire en affirmant : "Israël n'est pas lié par cet accord avec l'Iran car l'Iran continue à vouloir notre destruction. Nous saurons toujours nous défendre".

Il a ensuite rejoint une réunion d'urgence du cabinet de sécurité israélien qui, selon la radio publique, s'est prononcé contre l'accord.

La menace d'une intervention militaire, brandie de longue date par l'Etat hébreu, semble toutefois improbable, selon des experts.

Mardi soir, M. Netanyahu "a exprimé son inquiétude" lors d'un entretien par téléphone avec le président américain Barack Obama, selon un communiqué du bureau du Premier ministre.

 

"Deux dangers majeurs"

"Cet accord présente deux dangers majeurs", précise ce communiqué. "Il permet à l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, soit à la fin de la durée de l'accord d'ici 10 à 15 ans, soit avant si l'Iran viole l'accord, et il va faire affluer des centaines de milliards de dollars dans la machine terroriste iranienne qui menace Israël et le monde entier".

M. Obama a affirmé lors de cette conversation que l'accord était dans "l'intérêt de la sécurité nationale des Etats-Unis et d'Israël", selon un communiqué de la Maison Blanche, qui a également annoncé la venue la semaine prochaine en Israël du secrétaire d'Etat à la Défense.

En Israël, le ministre de la Défense Moshé Yaalon a dénoncé une "tragédie pour tous ceux qui aspirent à la stabilité régionale et craignent un Iran nucléaire" tandis que la vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely a déploré "une capitulation aux proportions historiques face à l'axe du mal mené par l'Iran", prévenant qu'Israël "emploiera tous les moyens diplomatiques pour empêcher que cet accord soit confirmé". 

Les experts s'accordent à dire que le premier des leviers qu'Israël va tenter de faire jouer sera le vote sur l'approbation de l'accord - qui doit avoir lieu sous 60 jours- au Congrès américain.

Benjamin Netanyahu, qui menait depuis des mois une campagne déterminée contre un accord sur le nucléaire iranien, a critiqué le groupe P5+1 -Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Chine, Russie et Allemagne-, qui était "prêt à un accord à tout prix".

"Il n'est pas possible d'empêcher un accord lorsque les négociateurs sont prêts à faire toujours plus de concessions à ceux qui, lors même des discussions, crient" mort aux Etats-Unis", a-t-il souligné, faisant référence aux manifestations anti-américaines en Iran.

"Nous nous sommes engagés à empêcher l'Iran de se doter des armes nucléaires et cet engagement est toujours d'actualité", a ajouté M. Netanyahu.

Quelques heures avant l'accord, le Premier ministre israélien avait même ouvert un compte Twitter en persan pour "dire, en persan, la vérité aux Iraniens sur l'accord sur le nucléaire".

 

 

Il a aussi appelé la classe politique israélienne à mettre de côté la "politique politicienne" pour s'unir derrière un "sujet crucial pour l'avenir et la sécurité" du pays.

Un appel visiblement vain puisque le chef de l'opposition, le travailliste Isaac Herzog, a, peu après l'annonce de la signature de l'accord rendu M. Netanyahu largement responsable de l'isolement d'Israël.

"Un des éléments les plus graves de la situation actuelle est que l'accord qui affecte le plus l'existence d'Israël depuis plusieurs décennies a été signé en l’absence totale d’Israël", a-t-il déploré sur sa page Facebook.

"Les intérêts d'Israël ont été abandonnés, en partie à cause des différends personnels entre Netanyahu et Obama", a-t-il encore écrit, faisant allusion aux mauvaises relations notoires entre les deux hommes.

Israël est considéré comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient et n'a pas signé le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

 

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