Les dissidents de Syriza forment un groupe parlementaire

Le Parlement grec le 14 août 2015. [LOUISA GOULIAMAKI / AFP]

Au moins 25 députés dissidents de la Gauche radicale Syriza ont annoncé vendredi leur intention de former un groupe parlementaire nommé "Union populaire", au lendemain de la démission du Premier ministre et dirigeant du Syriza Alexis Tsipras, a indiqué le site d'information Left.gr, proche de ce parti.

 

Cette annonce confirme la fracture au sein de Syriza, le parti qui avait emporté les élections du 25 janvier avec 36,3% des voix en prommettant la fin de la politique d'austérité. Le nouveau groupe parlementaire est dirigé par l'intransigeant Panagiotis Lafazanis, 63 ans, ex-ministre de l'Environnement et de l'Energie qui a perdu son portefeuille lors d'un remaniement ministériel en juillet après s'être opposé avec d'autres députés de Syriza à l'accord passé entre Athènes et l'UE sur une nouvelle aide de 86 milliards d'euros sur trois ans, accompagnée par un train de mesures d'austérité.

Fervent opposant des politiques de rigueur, Panayiotis Lafazanis, a accusé Alexis Tsipras "de trahir" la ligne de Syriza et de céder devant les pressions des créanciers, UE et FMI. Une quarantaine de députés de Syriza sur les 149 de ce parti ont voté contre ou se sont abstenus la semaine dernière lors d'un vote au Parlement sur l'accord avec l'UE, portant un coup au gouvernement de coalition d'Alexis Tsipras, qui a perdu la majorité parlementaire, ne comptant actuellement que 119 députés sur les 300 de l'Assemblée. 

 

Elections anticipées

Alexis Tsipras a présenté jeudi sa démission au chef d'Etat grec Prokopis Pavlopoulos en demandant des élections anticipées le 20 septembre pour pouvoir former un gouvernement "stable". En vertu de la Constitution, le chef d'Etat a demandé jeudi à Vaguélis Méïmarakis, dirigeant du parti d'opposition de droite Nouvelle-Démocratie (ND), de tenter de former un gouvernement de coalition.

Selon la Constitution, la démission du Premier ministre entraîne automatiquement la procédure des "mandats exploratoires": les trois premiers partis du Parlement sur la base de leur nombre de députés sont appelés l'un après l'autre à tenter de former un gouvernement de coalition dans un délai de trois jours. S'ils échouent, le président doit organiser des élections législatives anticipées. "Mon objectif est de voir avec les autres partis si le Parlement actuel peut donner un vote de confiance à un gouvernement (de coalition) qui assurera la perspective européenne du pays", a indiqué le dirigeant de la ND lors de son entretien avec le chef d'Etat.

 

Un objectif de 25 députés

Selon la presse grecque et des analystes, il n'est pas exclu que Panagiotis Lafazanis, dont son groupe parlementaire compte au moins 25 députés, soit également appelé à utiliser "le mandat exploratoire" si la droite échoue, pour tenter de former un gouvernement de coalition. Avant la constitution de ce groupe, il aurait échu au parti néo-nazi Aube dorée (17 députés), troisième parti au Parlement, de tenter de former un gouvernement.

 

Vous aimerez aussi

Des manifestants tiennent une peinture orthodoxe chrétienne alors qu'ils se rassemblent sous une pluie battante, devant le parlement grec à Athènes, le 25 janvier 2019, lors d'une manifestation contre le changement de nom signé avec la Macédoine voisine.
Diplomatie Le Parlement grec valide l'accord sur le nouveau nom de Macédoine du Nord
La manifestation contre le nouveau nom de la Macédoine a rassemblé 60.000 personnes selon la police, 100.000 selon les organisateurs, le 20 janvier 2019 à Athènes [LOUISA GOULIAMAKI / AFP]
Grèce Incidents lors d'une manifestation à Athènes contre le nouveau nom de la Macédoine
Manifestation à Athènes pour protester contre l'accord sur le nouveau nom de la Macédoine, le 20 janvier 2019  [ARIS MESSINIS / AFP]
Diplomatie Des milliers de manifestants à Athènes contre l'accord sur la Macédoine

Ailleurs sur le web

Derniers articles