Grèce : le scrutin s'annonce serré entre Syriza et la droite

Alexis Tsipras le 29 août 2015 à Athènes [ANGELOS TZORTZINIS / AFP] Alexis Tsipras le 29 août 2015 à Athènes [ANGELOS TZORTZINIS / AFP]

 

A vingt-deux jours des législatives anticipées, l'écart entre le parti de la gauche radicale Syriza et la droite se réduit, le parti d'Alexis Tsipras ne devance que d'un à trois points son adversaire principal, la Nouvelle-Démocratie (ND - droite), selon deux sondages publiés samedi.

Syriza est crédité de 25% des intentions de vote contre 22% pour la ND, selon l'étude de l'Université de Macédoine publiée par le quotidien libéral Kathimerini.

Alexis Tsipras reste toujours le plus populaire homme politique en Grèce (29,5%) face au dirigeant de la ND, Vanguélis Méïmarakis (26%).

Selon un deuxième sondage publié par le journal centriste Parapolitika et effectué par l'institut Metron Analysis, l'écart entre les deux adversaires n'est que d'un point, 22,2% pour Syriza et 21,2% pour la ND.

Vanguélis Méïmarakis le 12 juillet 2015 à Bruxelles  [Jean-Christophe Verhaegen / AFP/Archives]
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Vanguélis Méïmarakis le 12 juillet 2015 à Bruxelles
 

 

Vendredi, un sondage de l'institut ProRata pour le quotidien de gauche Efimerida ton Syntakton, le premier publié depuis la démission de M. Tsipras de son poste de Premier ministre, avait donné une avance de 3,5 points à Syriza, crédité de 23%.

Les néonazis d'Aube dorée, dont les dirigeants et cadres sont poursuivis en justice pour des crimes, arrivent en troisième position avec 6,5% dans deux des trois sondages, publiés depuis vendredi.

Celui de Kathimerini montre toutefois que la troisième place pourrait être obtenue par le Parti communiste KKE (6%) ou par To Potami (6%), un parti de centre gauche créé il y a deux ans par un journaliste après l'effondrement des socialistes du Pasok.

Le Pasok n'obtient que 4,1% à 4,5% des intentions de vote alors que le taux des indécis atteint 22% ou 15,5%, selon respectivement Metron Analysis et l'étude universitaire.

Dans les deux sondages de samedi, comme dans celui de vendredi, les Grecs indépendants Anel, parti souverainiste qui s'était allié avec Syriza pour permettre à ce dernier de former un gouvernement en janvier, n'arrive pas à obtenir le plafond obligatoire de 3% pour entrer au Parlement.

En revanche les dissidents du Syriza, le parti eurosceptique L'Unité populaire, est crédité de 5% selon l'étude universitaire et de 3,1%, selon Metron Analysis.

La démission d'Alexis Tsipras après la scission de son parti a ouvert la voie aux élections anticipées du 20 septembre, troisième scrutin depuis le début de l'année.

Le 25 janvier, Syriza avait réussi à obtenir 36,3% des voix contre 27,8% pour la droite, en promettant aux électeurs la fin de l'austérité.

L'échantillon des sondages, effectués entre les 25 et 27 août par téléphone à travers le pays, est d'un millier de personnes.

En ouvrant la campagne électorale samedi, Alexis Tsipras s'en est pris aux partis de la Nouvelle-Démocratie, To Potami et le Pasok, qui représentent, selon lui "le vieux système politique de corruption".

"Le défi de cette lutte électorale (...) est de ne pas permettre de retourner en arrière, à la Grèce de la corruption... aux barons de l'évasion fiscale", a indiqué Alexis Tsipras à l'ouverture d'une réunion de deux jours des membres de Syriza, qui doivent élaborer le programme du parti.

Il s'en est également pris aux frondeurs de Syriza, les accusant d'avoir "renversé le gouvernement".

"C'était une question de politique morale pour moi de ne pas continuer après la défection d'une trentaine de députés (et de démissionner, NDLR)", a-t-il dit tout en insistant sur le fait que "le vrai rival est le vieux système politique corrompu" et non pas "une guerre civile" au sein de Syriza. Il a répété que le récent accord passé avec les créanciers, sur un nouveau prêt international associé de la poursuite de l'austérité, avait permis d'éviter "le désastre" et la sortie du pays de la zone euro.

 

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