Daesh a bien détruit le temple de Bêl, joyau de Palmyre

Image satellite fournie le 31 août 2015 par l'ONU du temple de Bêl dans l'antique cité de Palmyre, en Syrie  [ / UNITAR-UNOSAT/AFP] Image satellite fournie le 31 août 2015 par l'ONU du temple de Bêl dans l'antique cité de Palmyre, en Syrie [ / UNITAR-UNOSAT/AFP]

Le temple de Bêl, joyau de la cité antique de Palmyre en Syrie, a été détruit par les jihadistes de l'EI, selon des images satellite de l'ONU diffusées lundi. Il s'agit du deuxième temple détruit par le groupe Etat islamique en une semaine à Palmyre, site classé par l'Unesco au patrimoine mondial de l'Humanité.

 

Lundi soir, l'Institut des Nations unies pour la formation et la recherche (Unitar) a déclaré pouvoir "confirmer la destruction du bâtiment principal du temple de Bêl ainsi que celle d'une rangée de colonnes qui le jouxte", après avoir comparé des images satellite avant et après l'explosion.

Sur une image datée du 27 août, une structure rectangulaire entourée de colonnes est clairement visible, alors que sur un autre cliché pris lundi, on ne distingue plus que quelques colonnes, en bordure du site.

Dimanche, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) avait annoncé que l'EI avait détruit à l'explosif une partie du temple consacré au dieu Baal.

Un militant anti-régime de Palmyre, Mohammed Hassan al-Homsi, avait lui aussi fait état de la destruction partielle du temple. "Ils ont utilisé des récipients et des barils remplis d'explosifs, préparés d'avance", avait-il dit.

Une partie du temple de Bêl, dans la cité antique de Palmyre, le 14 mars 2014 [JOSEPH EID / AFP/Archives]
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Une partie du temple de Bêl, dans la cité antique de Palmyre, le 14 mars 2014
 

 

Dans un communiqué publié lundi soir, le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, a fermement condamné "la destruction injustifiée d'un site d'une valeur inestimable pour notre patrimoine mondial commun".

 

"Le plus beau temple" 

Dans Palmyre, surnommé la "perle du désert", le temple de Bêl était incontestablement le plus impressionnant des bâtiments. "Il allie de manière unique l'art oriental et l'art gréco-romain. Il possède encore tous les attributs du temple antique: l'autel, le bassin, les colonnes... Avec Baalbeck au Liban, c'est le plus beau temple du Moyen-Orient", selon le directeur des Antiquités et des musées du pays, Maamoun Abdelkarim.

M. Abdelkarim avait affirmé lundi dans la journée ne pas être en mesure de confirmer la destruction du temple, expliquant que "le personnel des services des Antiquités n'a[vait] pas été autorisé par les jihadistes à approcher" du temple. Il a fallu plus d'un siècle pour le construire puisque son érection commence en 32 et se termine au second siècle.

Avant la guerre, 150.000 touristes visitaient le site de Palmyre. Il a été conquis en mai par l'EI, qui a déjà détruit plusieurs joyaux archéologiques en Irak. L'EI considère les œuvres religieuses préislamiques, notamment les statues, comme de l'idolâtrie.

A Palmyre le 23 août, l'EI avait totalement détruit à l'explosif le temple de Baalshamin abattant la +cella+ (partie close du temple) tandis que les colonnes autour s'étaient effondrées. Quelques jours plus tard, les jihadistes diffusaient une vidéo montrant le temple réduit à un amas de gravas.

Ce n'est pas le seul crime commis par les jihadistes dans cette ville. Le 18 août, ils avaient mutilé le corps de l'ex-patron des Antiquités de Palmyre Khaled al-Assad, 82 ans, après l'avoir exécuté puis pendu à un poteau.

 

L'EI se rapproche de Damas

 

Carte de Palmyre où les jihadistes de l'EI  ont fait exploser un 2e temple [ / AFP]
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Carte de Palmyre où les jihadistes de l'EI ont fait exploser un 2e temple
 

 

A Damas, l'EI était engagé lundi dans des combats de rue contre des rebelles islamistes, se rapprochant ainsi du centre de la capitale syrienne. Les affrontements ont lieu à Qadam, un quartier du sud de la capitale, où le groupe jihadiste a pris le contrôle de deux rues durant le week-end, selon l'OSDH.

"C'est le point plus proche du cœur de la capitale atteint par l'EI", a indiqué le directeur de l'ONG, Rami Abdel Rahmane, en faisant état de 15 morts dimanche dans les violents combats qui ont obligé les civils à fuir. Les jihadistes sont venus de Hajar al-Aswad, un quartier adjacent, où ils sont présents depuis juillet 2014.

Une source de sécurité syrienne a confirmé des combats dans ce secteur. "Nous sommes très contents qu'ils se battent entre eux mais nous sommes très vigilants afin de réagir s'ils avançaient vers les secteurs tenus par le gouvernement", a-t-elle dit à l'AFP. Selon l'OSDH, le quartier de Qadam était relativement calme depuis l'entrée en vigueur il y a un an d'une trêve entre rebelles et forces du régime.

Ailleurs en Syrie, le Front Al-Nosra, la branche locale d'Al-Qaïda, et leurs alliés islamistes se sont rapprochés du village chiite de Foua, en prenant la localité limitrophe de Sawaghiyé, dans la province d'Idleb (nord-ouest). Foua est avec l'autre village chiite de Kafraya ainsi que l'aéroport d'Abou Douhour les trois dernières poches tenues par le régime dans cette province proche de la Turquie, aux mains des rebelles.

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